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A. BOUGUERMOUH. Du cinéma à la littérature

Posté par coinlitteraire le 17 novembre 2011

abder.jpg          (Par Nabila Guemghar). Le pas nonchalant, la chevelure grisonnante, le regard pénétrant, comme pour figer les images qui s’offrent à lui, et l’une allure naturelle d’où se dégage un charisme qui force respect et admiration, l’homme qui gravit les marches du Théâtre régional de Béjaïa, en cette belle journée ensoleillée, c’est Abderahmane Bouguermouh, l’invité du café littéraire de Béjaïa.

          Il se dit ému d’être dans ce lieu, qui porte le nom du frère disparu, Malek. Béjaïa, ou « la rose Béjaïa», qu’il dit ne pas reconnaître, lui ouvre grand ses bras et l’accueille dans son giron, l’espace d’une visite. Devant l’assistance, fidèle et nombreuse, du Café Littéraire, Abderahmane Bouguermouh se prête volontiers au jeu des questions /réponses qui avait trait globalement sur son œuvre cinématographique et sur son roman Anza (Casbah Edition, 2009). Il déclare, d’emblée, que « ce roman était, d’abord, un scénario de film que j’ai dû remanier, faute de moyens, pour en faire un roman, je ne suis pas un écrivain, je ne suis que le témoin d’une époque ». Rappelant qu’Anza revient sur une période douloureuse de l’histoire de l’Algérie, se rapportant aux événements tragiques du 08 Mai 1945, et cela à travers le personnage central du récit ,« Cheffou », pour dire le « destin des hommes qui n’ont pas eu de vie… les oubliés de l’Histoire », insiste Bouguermouh. Le public, dans un silence religieux, buvaient les paroles de celui qui a permis à l’expression kabyle d’éclore, pour la première fois, à travers une œuvre cinématographique portée à l’écran, et qui a porté la voix d’un peuple longtemps privé de parole… Ses réponses étaient brèves et sans équivoque, empreintes de colère quand, par exemple, il a évoqué l’ostracisme dont il a été victime, en insistant, cependant, pour dire que c’est en militant d’une région d’Algérie qui dérangeait. Empreinte d’amertume, aussi, en évoquant le coup bas des siens, quand avec un groupe de jeune, dont Mohamed Haroun, il a voulu créer l’Académie berbère, que le HCA a tout fait pour bloquer.
           Sur l’adaptation de La colline oubliée, qu’il ne veut toujours pas postsynchroniser en arabe en disant vouloir qu’il « reste (le film) un symbole de ce dont les kabyles ont été privé », il dit avoir bénéficié du soutien de militants présents à ses côtés et leur solidarité a permis l’aboutissement du projet, et que les subventions dont il a bénéficié étaient loin d’être suffisantes, contrairement à ce que certaines mauvaises langues avancent. A la question d’un intervenant de savoir si le cinéma kabyle peut traiter de tous les sujets sans distinction (référence aux films de Nadir Moknèche qui parlent, sans complexe, de sujets tabous tel que la prostitution, liberté de la femme et le terrorisme), Bouguermouh répond par l’affirmatif, le kabyle, pour lui, étant une langue comme une autre, ce qu’il déplore plutôt c’est l’amateurisme dans la création artistique, dans le cinéma notamment, pour lequel on institutionnalise des festivals et autres rencontres folkloriques, mais où, malheureusement, le cinéma professionnel semble absent, « ce n’est pas parce que nous avons quatre films professionnel qu’on peut se targuer d’avoir un cinéma de grande envergure », dira-t-il, et d’insister sur la nécessité d’avoir des structures adéquates comme des écoles de cinéma, et une véritable politique éditoriale, ainsi que de réelles structures à même d’aider à l’épanouissement de cet art. Se désolant de l’état de l’enseignement de la langue amazighe et le caractère amateur de certaines chaînes de télévision d’expression kabyle, il rappelle la nécessité de doter la langue d’une académie, à même de la protéger et former des professeurs aptes à l’enseigner. Et comme pour restituer une vérité historique, il rappelle, à l’assistance, que l’Académie berbère a été l’œuvre de deux intellectuels que sont Taous Amrouche et le pharmacien Mustapha Hannouz, rejoints après par Mohand Arab Bessaoud. Evoquant sa rencontre avec Kateb Yacine, le conférencier dit avoir travaillé avec l’écrivain six mois durant pour l’adaptation de Nedjma, mais Kateb étant insaisissable a fini par refuser l’autorisation à tous ceux qui ont voulu porter le roman à l’écran.
          A plus de quatre-vingt ans, l’enfant d’Ighzer Amokrane dit son désir et sa disponibilité pour aider les jeunes qui veulent apprendre le noble métier du septième art, se disant prêt à faire venir les spécialistes qu’il faut pour redonner ses lettres de noblesse à cet art, lui qui, dans l’incapacité physique de travailler comme avant, compte confier la réalisation d’un film sur Taous Amrouche, dont le scénario est déjà prêt, à Ali Mouzaoui, « c’est un projet que j’ai eu avec Laurence Bourdil, la fille de Taous, je compte le mener à bien, c’est une promesse que j’ai faite à Taous de son vivant. »
          Il se dit, par ailleurs, n’être heureux que dans ses montagnes Kabyles et que s’il devait fixer une image, cela serait, sans aucun doute, la nature de sa belle Kabylie qui l’a vu naître.
          A rappeler que la séance s’est terminée par une vente dédicace qui a fait quelques frustrés, puisque tout le stock de livres a été épuisé.

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Hommage à Taos Amrouche au Centre Culturel Algérien (Paris)

Posté par coinlitteraire le 29 avril 2010

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«La grandeur de l’homme réside dans sa décision d’être plus fort que sa condition. » (Albert Camus). La vie et l’oeuvre de Taos Amrouche, auteur, cantatrice et journaliste longtemps ignorée par les institutions littéraires et culturelles algériennes, étaient à l’honneur au Centre culturel algérien de Paris où, pour la première fois, un grand hommage lui a été rendu.

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Taos Amrouche : Une femme d’exception

Posté par coinlitteraire le 10 mars 2010

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Marguerite Taos Amrouche, écrivaine et cantatrice de talent, nous revient cette semaine.L’association culturelle Fendjane Thaqafa a saisi l’occasion de l’anniversaire de sa naissance (4 mars 1913) pour organiser un café littéraire au restaurant Mastreo à Alger, autour de l’héritage de cet « être surgi des siècles », selon la forte formule de sa fille, Laurence Bourdil Amrouche

(Par H.L). Et c’est Boudjemaâ Aziri, universitaire et membre du Haut commissariat à l’amazighité, qui a eu l’insigne honneur d’évoquer la vie, et surtout l’œuvre romanesque, de Taos Amrouche. L’exercice n’est point facile, tant Taos, sœur de l’intellectuel Jean El Mouhoub Amrouche, alternait ses registres d’expression et de création artistiques. Après un bref rappel de la vie de Taos, l’universitaire s’est attelé à analyser son œuvre romanesque. « Il existe un parallèle entre la vie de Taos, celle de sa famille et ses œuvres. Elle avait besoin de mettre en fiction sa vie et celle de sa famille. Ses héroïnes sont des femmes qui n’ont pas réussi à réaliser leurs aspirations. Elles ont été confrontées, chacune à son niveau, à des difficultés de la vie de l’époque », résume l’intervenant.

De son vivant, Marguerite Taos Amrouche publia trois romans, foncièrement autobiographiques. Paru en 1947, Jacinthe noire narre le déracinement de Reine, venue dans un internat parisien, tenaillée entre le désir d’intégration et son refus de l’assimilation. Le second roman, Rue des Tambourins, publié en 1960, raconte l’enfance et l’adolescence de Kouka, issue d’une famille kabyle chrétienne, forcée à l’exil tunisien. Le troisième roman édité en 1966, Amant imaginaire, évoque l’histoire de Amena, l’héroïne en proie à la solitude et l’incompréhension de l’autre. Le dernier roman, Solitude, ma mère, publié à titre posthume en 1995, passe en revue les échecs amoureux d’une femme incapable de trouver l’harmonie de ses désirs. Des lignes de ses romans naît un chant envoûtant et indomptable.

L’universitaire, en insistant sur l’esprit de tolérance véhiculé par l’œuvre romanesque de Taos Amrouche, s’est montré affligé par l’exclusion de Taos Amrouche et de sa famille de la reconnaissance officielle. « C’est une famille qui a vécu dans le déchirement, l’exil et l’incompréhension. Beaucoup de tort a été injustement occasionné à l’endroit de cette famille atypique de poètes et d’auteurs (Taos, Jean et Fadhma) en raison de leur appartenance religieuse. Pourtant, l’œuvre de Taos exprimait un amour intense pour son pays », souligne M. Aziri.

Des intervenantes dans la salle ont vivement déploré l’attitude des pouvoirs publics, s’obstinant à ne pas reconnaître cette grande écrivaine. « Aucun hommage particulier n’a été organisé pour rappeler ce que fut Taos lors du dernier festival panafricain. Même la maison de culture de la wilaya de Béjaïa porte toujours le nom Amrouche officieusement », s’offusque une dame. On se souvient que le régime de Boumediène avait interdit à Amrouche, invitée d’honneur, de chanter lors de la première édition du festival panafricain organisé à Alger, en 1969. Une autre intervenante a souhaité la réédition des livres de Amrouche ainsi que de sa discographie sur le marché algérien. A ce jour, les manuels scolaires n’évoquent pas le legs de cette écrivaine. Zoubida Amirat, veuve du moudjahid Slimane Amirat auquel un hommage appuyé a été rendu, a appelé à l’enseignement de l’histoire « véridique » de l’Algérie

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