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Deux grandes figures de la culture amaziɣ

Posté par coinlitteraire le 20 mars 2011

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Kamal BOUAMARA professeur au département de langue et culture amazighes de l’université de Bejaia. Titulaire d’un doctorat dans le domaine amazigh. En juillet 2010, il publie, aux éditions l’Odissée, le premier dictionnaire Kabyle-Kabyle qui a vu connaitre un vif succès…

BEN MOHAMED grand poète kabyle, il est un acteur essentiel dans la reconnaissance de la culture amazigh. BEN MOHAMED est l’auteur,  entre autres, de la magnifique et célèbre chanson interprétée par Idir et qui a fait le tour du monde, « A VAVA INOUVA« 

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Kamal Bouamara édite le 1er dictionnaire Kabyle-Kabyle

Posté par coinlitteraire le 15 juillet 2010

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bouamara1.jpg(Par Hafit Zaouche). Kamel Bouamara, un illustre enseignant de la langue et de la culture amazighes à l’université de Bgayet, vient d’éditer le premier dictionnaire monolingue kabyle-kabyle chez les éditions «L’odyssée», sises à Tizi Ouzou. Lors du dernier festival Kamel Bouamara, Amaoui Mahmoud, doctorat en linguistique, a axé son intervention sur la lexicographie amazighe, problèmes et propositions. L’orateur a relaté l’historique de la lexicographie berbère qui selon lui, remonte à l’époque de la colonisation voir même avant avec le travail de Ventus de Paradis. Ensuite il a fait un détour sur les typologies de dictionnaires (Lexique, dictionnaires de Spécialité, encyclopédie …).sur les problèmes que rencontre les dictionnaires berbères le Dr Amaoui dira : «Tous les dictionnaires à l’exception de celui de Bouamara n’ont pas été ni pan kabyle ni pan berbère, les dictionnaires réalisés à ce jour ont été produit dans une seule région de la Berbérie, il faut donc chercher à étudier tous les parlers kabyle pour enfin élaborer un dictionnaire commun aux kabyles », dit- il, avant d’ajouter : «Je veux souligner l’émergence de la lexicographie de spécialité en berbère , fait à encourager , dernièrement on a assisté à l’émergence de lexique qui touche à plusieurs autres domaines comme celui des maths, botanique, corps humains…etc. ».

Amaoui cède à son tour la parole à sa collègue Aissou Samira, doctorante en Linguistique qui aborde la dimension linguistique chez Bouamara, en analysant le dictionnaire monolingue (kabyle- kabyle). Pour Aïssou « le méthodologue du dictionnaire « Issin » de Bouamara est plus que salutaire puisqu’il met fin à de nombreux problèmes relatif à l’élaboration des dictionnaires unilingues, Bouamara a proposé une nouvelle classification des entrées qui se base sur le radical. La variation qui fut un sérieux problème pour les lexicographes, Bouamara en a fait par contre une richesse. Pour la première fois, toutes les régions kabyles sont appelées à l’études et cela dans le but d’éviter les problèmes de variations sémantiques et lexicale », a elle dit.

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Un monument de la culture amazighe

La 3e édition du festival de la littérature amazighe, événement culturel traditionnellement organisé par le club scientifique du département de langue et de culture Amazighes (Tumast) de l’université Abderahmane Mira de Bejaia. S’est tenu du 25 au 27 mars passé. Lancé en 2006 par une équipe dynamique et déterminée. Avec des moyens dérisoires mais armés de volonté et de courage, les initiateurs de ce rendez vous culturel veulent rompre selon les dires du président de «Tumast»,Yacine Zidane, avec cette vieille et stéréotypée tradition kabyle «jusque-là, en Kabylie, on ne rendait hommage aux personnes qu’une fois décédées, bannies ou jetées en prison.» A-t-il déclaré. En innovant, cette équipe a fait sien l’adage de feu Mohya, qui dit : Cekker-iyi qbel ma ad mmtegh, autrement dit : « Loue-moi de mon vivant ». la première édition a eu lieu le 23 avril 2006 à l’auditorium de l’Université de Bejaia, les initiateurs de cette rencontre littéraire ont décidé de baptiser leur festival «Kamal Bouamara» à partir de la deuxième édition cette rencontre littéraire a pris comme appellation «Kamal Bouamara»

QUI EST KAMAL BOUAMARA ?

Ce festival de littérature amazighe, qui porte le nom de Kamel Bouamara, est une, sinon la meilleure façon de rendre hommage – un hommage vivant – à cet homme aux multiples facettes : écrivain d’expression kabyle, essayiste et universitaire qui touche à plusieurs champs de la recherche dans le domaine berbère , puisqu’il il a à son actif plusieurs oeuvres d’ordre scientifique, didactique et littéraire , on peut citer : Si Lbachir Amellah (qui est une référence en matière de théorie littéraire de la poésie kabyle), Ilugan n tira n tmazight (règles de la notations usuelles à base latine), Amawal n tesnukyist (lexique de la rhétorique du berbère), Ussan di tmurt (traduction des chroniques de M Feraoun de Jours de Kabylie), Nekni d wiyid ; qui est un recueil de cinq nouvelles, tughalin n uqcic ijahen (traduction du « Le Retour de l’Enfant Prodigue » de André Gide) et le monumental Dictionnaire monolingue Kabyle-kabyle qui est une « révolution » dans le processus de grammatisation du berbère, puisqu’il sera le premier dictionnaire monolingue dans l’histoire du berbère (tous les dictionnaires berbères publiés, à ce jour, sont bilingues).

Yacine Zidane dira : «Cette rencontre se veut un hommage à cette figure emblématique de la littérature amazighe, mais surtout une reconnaissance à ses oeuvres. Étant déjà docteur en littérature amazighe et deviendra sous peu professeur dans la même spécialité, Kamal Bouamara est considéré aujourd’hui comme l’une des références incontournables dans le domaine des études berbères», a-t-il souligné

POURQUOI UN FESTIVAL DE LITTÉRATURE AMAZIGHE ?

A cette rencontre, notre interlocuteur répondra : « confinées jadis dans l’oralité et aujourd’hui désavouées par la « folklorisation », la langue et la culture amazighes semblent en apparence figées, voire momifiées. Elles sont pourtant caractérisées par autres choses de plus important ; elles connaissent pourtant des changements palpables et notables. Pour ne parler que de la langue, celle-ci a aujourd’hui acquise une tradition écrite, notamment en littérature et connaît un processus de grammatisation, dont le début remonte au XIXe siècle. Par cette rencontre, éminemment culturelle, que le Club scientifique Tumast organise chaque année, nous souhaiterions contribuer à promouvoir le statut social de Tamazight, en général et celui de la littérature d’expression amazighe, en particulier», a-t-il répondu. L’état civilisationnel d’un pays se mesure à la force de son enracinement dans ses valeurs culturelles, à créativité des femmes et des hommes qui constituent son élite intellectuelle et artistique, à sa capacité de s’ouvrir au monde en se dotant des moyens d’assimiler les rapports extérieurs propres à favoriser son épanouissement et de prendre part activement au mouvement d’idées qui détermine et oriente l’évolution de l’humanité.

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BRAHIM TAZAGHART, ÉCRIVAIN ET EDITEUR EN LANGUE AMAZIGHE

Posté par coinlitteraire le 15 avril 2010

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Entretien avec Brahim Tazaghart 

«L’écrivain ne vient pas du néant, d’une mais d’une expérience humaine plurielle inspiration passagère, et multiforme»

Précocement balancé dans l’action associative et politique, Brahim Tazaghart, en militant acharné des libertés, toutes les libertés, entre autres celle de vivre son authenticité, a fini sa «course» sur le terrain proprement de la production. Écrivain d’abord comme pour vivre intensément sa riche expérience humaine plurielle et multiforme, il s’est, par la suite, investi dans un autre chalenge, celui de l’édition qui, dira-t-il, le comble et le rend utile à son rêve !. Suivons-le :

Le Courrier d’Algérie : Qui est Brahim Tazaghart, présentez-vous à nos lecteurs ?

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3ème ÉDITION FESTIVAL DE LA LITTÉRATURE AMAZIGHE

Posté par coinlitteraire le 15 avril 2009

Festival de la littérature Amazighe du 02 au 06 mai 2009 

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Sortir de la «folklorisation»…

massinissa2.jpg(Par Hafit Zaouche). La 3e édition du Festival de la littérature amazighe, événement culturel traditionnellement organisé par le club scientifique du département de Langue et Culture Amazighes (Tumast) de l’université Abderahmane-Mira de Bejaia, se tiendra du 2 au 6 mai. Lancé en 2006, la manifestation est organisée avec des moyens dérisoires. Les initiateurs de ce rendez-vous culturel veulent rompre, selon les dires du président de « Tumast », Yacine Zidane, avec cette vieille et stéréotypée tradition qui fait qu’en Kabylie on ne rendait jusque-là hommage aux personnes qu’une fois décédées, bannies ou jetées en prison. » Cette équipe a fait sien l’adage de feu Mohya, qui dit : « Loue-moi de mon vivant ». La première édition du festival s’est déroulée en avril 2006 à l’auditorium de l’Université de Béjaïa. Et à partir de la deuxième édition, les initiateurs de cette rencontre littéraire ont décidé de baptiser le festival « Kamal-Bouamara »…

QUI EST KAMEL BOUAMARA ?

Ce festival de littérature amazighe, qui porte le nom de Kamel Bouamara, est une, sinon la meilleure façon de rendre hommage – un hommage vivant – à cet homme aux multiples facettes : écrivain d’expression kabyle, essayiste, et universitaire qui touche à plusieurs champs de la recherche dans le domaine berbère , puisqu’il il a à son actif plusieurs oeuvres d’ordre scientifique, didactique et littéraire, on peut citer : Si Lbachir Amellah (qui est une référence en matière de théorie littéraire de la poésie kabyle), Ilugan n tira n tmazight (règles de la notations usuelles à base latine), Amawal n tesnukyist (lexique de la rhétorique du berbère), Ussan di tmurt (traduction des chroniques de M Feraoun de Jours de Kabylie), Nekni d wiyid ; qui est un recueil de cinq nouvelles, tughalin n uqcic ijahen (traduction du « Le Retour de l’Enfant Prodigue » de André Gide) et le monumental Dictionnaire monolingue amazigheamazighe (à paraître) qui est une « révolution » dans le processus de grammatisation du berbère puisqu’il sera le premier dictionnaire monolingue dans l’histoire du berbère (tous les dictionnaires berbères publiés, à ce jour, sont bilingues). Yacine Zidane dira :  » Cette rencontre se veut un hommage à cette figure emblématique de la littérature amazighe, mais surtout une reconnaissance à ses oeuvres. Étant déjà docteur en littérature amazighe et qui deviendra sous peu professeur dans la même spécialité, Kamal Bouamara est considéré aujourd’hui comme l’une des références incontournables dans le domaine des études berbères. » Pourquoi un festival de littérature amazighe ? A cette question, notre interlocuteur répondra :  » Confinées jadis dans l’oralité et aujourd’hui désavouées par la « folklorisation », la langue et la culture amazighes semblent en apparence figées, voire momifiées. Elles sont pourtant caractérisées par autres choses plus important ; connaissent pourtant des changements palpables et notables. Pour ne parler que de la langue, celle-ci a aujourd’hui acquis une tradition écrite, notamment en littérature et connaît un processus de grammatisation dont le début remonte au XIXe siècle. Par cette rencontre, éminemment culturelle, que le Club scientifique Tumast organise chaque année, nous souhaiterions contribuer à promouvoir le statut social de tamazight, en général et celui de la littérature d’expression amazighe, en particulier » a-t-il répondu.

UNE NOUVEAUTÉ : UN CONCOURS DE LA NOUVELLE

Durant l’édition 2009, le concours ne portera pas seulement sur la poésie, il s’agira également de la nouvelle.  » Nous projetons de publier les 10 premières nouvelles du concours », a indiqué Yacine Zidane. Par ailleurs, il a été décidé dès la présente édition de conférer à ce festival un caractère de scientificité en organisant alors des journées d’études sur l’oeuvre de Bouamara et son écriture. Pour ce faire, nous avons jugé utile d’associer les spécialistes de la littérature berbère qui relèvent, entre autres, des trois départements amazighs, à savoir les DLCA (département de Langue et Culture Amazighes) de Bejaia , de Tizi- Ouzou et celui de Bouira » avant d’ajouter :  » Les intervenants durant ces deux journées (les 2 et 3 mai) seront Mohamed Djellaoui (maître de conférence, chef du département de Langue et Culture Amazighes de Bouira), Mohand Akli Salhi (docteur des lettres, département de Langue et Culture Amazighes de Tizi-Ouzou), Ayad Salim (département de Langue et Culture Amazighes de Bejaia ), Badi Dida (anthropologue au Centre national de recherche en préhistoire, anthropologie et histoire), Brahim Tazaghart (romancier et éditeur) et Tahar Ould Amar (journaliste et romancier). »Le jury composé essentiellement d’universitaires dans le domaine de la langue amazighe supervisera ce festival qui sera l’occasion de mettre en avant des expositions, des représentations théâtrales, des galas artistiques et autres conférences axées sur la production littéraire

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Biographie de Bachir Amellah (par Kamal Bouamara)

Posté par coinlitteraire le 22 mars 2009

Biographie de Si l’Bachir Amellah

1861 – 1930.

(Par Kamal Bouamara). amellah.jpgHistoire de L’Bachir Amellah Aujourd’hui je vous propose de decouvrir Si L’Bachir Amellah poete comme Si Md U Mhand Biographie de Si Lbachir Amellah (1861-1930) Par kamal Bouamara Fils de Tahar des Imellahen (Arezqi n Ïaher Amellaê) et de Hafsa (Ëafsåa n At Yexlef), Bachir naquit, selon les documents de l´état civil, au cours de l´année 1861[1] à Ichekkaben – l´un des trois villages composant la tribu des Imellahen, laquelle est, actuellement, située administrativement dans la commune de Feraoun – Daïra (arrondissement) d´Amizour, dans la Wilaya (Département) de Béjaïa (ex. Bougie ; Bgayet, en kabyle). En tant que poète, il est connu sous le nom de Si Lbachir Amellah[2], mais dans l´état civil, il est inscrit sous le patronyme de : CHIBANE Lbachir. Si Lbachir est décédé, en imam de son village, Ichekkaben, le 26 décembre 1930. Après l´école locale où il a reçu, auprès de l´imam du village, Ichekkaben, les premiers rudiments d´une formation coranique, il alla parfaire ses études coraniques à la zaouia (= école coranique formant des imams) de Sidi-Saïd des Iénagen (actuelle commune de Semaoun, wilaya de Béjaïa ) – tribu limitrophe des Imellahen -, selon les uns et à la mosquée de Sidi Soufi de Bougie, selon d´autres. Quoi qu´il en fût, ces études l´avaient conduit plus tard à devenir imam d´un village. Appelé par les Kabyles “cheikh” (Ccix n taddart), l´étudiant est, après la fin de ses études, normalement sollicité par l´un des villages environnants. En acceptant d´y exercer sa fonction d´imam, il recevait en contrepartie des villageois ayant loué ses services tout ce dont une famille aurait besoin pour vivre décemment, c´est-à-dire un “salaire en nature”, (aqîiê, en kabyle) : d´abord, un toit puis tout ce qu´il lui fallait, à lui et à sa famille, comme nourriture, eau, bois de chauffe, vêtements, etc. C´est ce qu´il avait fait : il s´installa (icax, en kabyle), dit-on, dans l´un des hameaux composant la tribu des Imellahen même, selon certaines sources, jusqu´au jour où il constata que les villageois s´étaient montrés incapables d´honorer leurs engagements et ont manqué à leurs devoirs religieux. Cela s´est passé, bien entendu, après la révolte kabyle de 1871 contre l´ordre colonial. Après la révolte, suivie immédiatement de la défaite des Kabyles, le nouvel ordre établi avait mis en application le plan de destruction progressive des structures socio-économiques de la Kabylie et bouleversé sa hiérarchie des Valeurs au sein de laquelle un imam avait une place de choix et était hautement considéré. Ce jour fatidique : le jour de la double rupture, rupture avec les villageois et la fonction d´imam à la fois, nous a été décrit comme suit. Selon les témoignages de nos personnes-sources, ce fut un vendredi – jour de la grande prière (loamueÇa, en kabyle) ; il appela, comme il le faisait chaque vendredi, du haut de son minaret, les fidèles pour le rejoindre à l´intérieur de la mosquée. Mais, en vain ! Personne ne s´y présenta. Il a dû attendre, et attendre longuement, jusqu´à ce que l´un des fidèles vint l´informer de ce qui se passait dehors, sur la place du village. Les fidèles, lui racontait-il, étaient en train de scruter un riche étranger de passage au village, un cavalier élégamment vêtu. Alors, continuent nos personnes-sources, il se dirigea droit vers sa demeure pour prendre, en fait pour re-prendre, son grand tambour de basque qu´il a dû mettre de côté depuis longtemps ; en fait, depuis qu´il était devenu imam. Il avait pris la peine d´allumer un feu de bois pour chauffer son instrument, puis il sortit immédiatement sur la place publique où il était attendu. C´était la période des moissons-battages. Il donna un grand coup sur son instrument, pour attirer l´attention de son auditoire. Sur l´aire à battre, disait M.I. très naïvement, mais avec beaucoup d´enthousiasme, les boeufs même se sont immobilisés un instant – ainsi, pour nous rendre compte du climat d´émotion et de surprise qui y régna. Soudain, hommes, femmes et enfants se sont accourus pour écouter la voix du cheikh qui, cette fois-ci, allait chanter. Et c´est ce qu´il fit pendant un laps de temps. Il termina, en prononçant ces propos qui sont passés à la postérité : « C´est ce qui vous plaît donc, gens d´Imellahen ! », leur dit-il avec déception. C´est, dit-on, depuis ce jour-là qu´il a décidé de quitter le prêche religieux, pour aller pratiquer, jusqu´à un âge très avancé, le chant. C´est ainsi en tout cas que nos informateurs ont décrit la reconversion de Si Lbachir de la prédication religieuse vers la “prédication profane”. A-t-il suivi une quelconque formation pour devenir poète ? Si c´est bien le cas, quels ont été ses initiateurs ? A toutes ces questions, point de réponses précises. Cependant nos informateurs rapportent, de façon concordante, que pour devenir célèbre Si Lbachir a été béni par les saintes femmes d´Aït Ourtilan (Sut Wertilan) – très connues dans la région pour être des devineresses inspirées. A quel âge a-t-il été béni ? Là, les avis divergent. Cela s´est passé lorsqu´il était encore enfant, disait A.S. Ils marchèrent (son compagnon et lui-même) en chantonnant, poursuivait-il, jusqu´à ce qu´ils aperçurent un groupe de femmes, vieilles et jeunes, assises à l´ombre d´un arbre, au bord de la route. Par convenance, bien sûr, ils se sont tus. Mais ces femmes, elles, ont été émues par cette belle voix et mélodieuse. C´est pourquoi elles les ont pris à partie : elles les avaient exhortés ou plutôt autorisés à chanter. D´abord, ils refusèrent – ils avaient “honte”, disait-il. Lorsqu´elles insistèrent, elles n´ont pu alors convaincre que Si Lbachir (à cette époque, étant encore enfant, son nom n´était pas encore précédé de la particule Si, qui précédait les noms des marabouts et ceux des lettrés en arabe) ; l´autre préféra garder le silence, et il le garda pour longtemps, ajouta A.S. Car la malédiction s´abattit à l´instant même sur le compagnon de Si Lbachir : « Il perdit l´usage de la parole ! ». En revanche, Si Lbachir a été béni par ces saintes femmes et inspirées. D´autres personnes-sources, notamment M.I. et L.A., ont situé cet épisode à un âge beaucoup plus avancé. Voilà comment cela s´était passé, selon eux. Si Lbachir et son accompagnateur, Mouloud Ou-Ali-Ou-Mhand, étaient de passage par une fontaine pleine de ces saintes femmes de Aït Ourtilan. Certaines de ces femmes, qui ont dû identifier le poète, déjà connu à ce moment-là, avaient demandé à Si Lbachir et à son accompagnateur de leur chanter quelques unes le leurs chansons. Mais, étant timides et réservés, ils hésitèrent quelques instants. « Ils n´avaient pas honte seulement, disaient-ils, ils avaient eu peur aussi. » Par convenance, on ne chantait pas en effet devant les femmes, et a fortiori en pleine fontaine – endroit réservé exclusivement aux femmes. Ils risquaient, dans ce cas-ci, d´être par les hommes du village violemment agressés. Mais voilà : ces femmes, qui insistèrent encore, leur donnèrent en outre leur parole d´honneur qui leur garantirait la “vie sauve”. Après quoi, Si Lbachir seul, qui a pu être convaincu, a fini par accéder à leurs doléances. L´autre était resté bouche bée. Le reste de l´anecdote n´est pas différent de ce qui a été déjà rapporté. Ceux qui ont rapporté cette légende, terminaient en disant : A Si Lbachir, elles lui ont lancé cette déprécation : A k-yefk ÊRebbi leqraya tiîîubla ! (Puisse Dieu te prodiguer instruction et art de chanter !) Et à son accompagnateur, au contraire, l´imprécation que voici : A k-yefk ÊRebbi tiééit $ ta$ect-ik ! (ce qui veut dire implicitement : Puisse Dieu t´arracher l´usage de la parole !) Depuis ce jour, poursuivaient nos personnes-sources, Mouloud Ou-Ali-Ou-Mhand, le compagnon de Si Lbachir, devint muet ; en revanche, Si Lbachir n´avait pas cessé de gravir les échelons de la célébrité parce que sa source devint intarissable. Quelle est la part de vérité (des faits) qu´on pourrait extraire de cette légende ? D´abord, disons que des deux versions rapportées plus haut, la seconde est plus soutenable, parce quelle est “pleine de sens”. En effet, elle situe l´épisode de la bénédiction au moment où Si Lbachir était “en formation” ou, à tout le moins, sur scène. D´autre part, le nom de son compagnon de voyage correspond bien à l´un de ses accompagnateurs, le second plus précisément. Enfin, le lieu où s´est déroulé l´événement était non pas la route, mais au contraire la fontaine, c´est-à-dire un lieu fréquenté par les puiseuses d´eau et hanté par les génies (bienfaisants et malfaisants) qui, dit-on, prenaient souvent la forme humaine pour se manifester parmi nous. D´autre part, M.I. (le fils de cet accompagnateur) a fait le démenti suivant : « Mon père, disait-il, qui avait accompagné Si Lbachir pendant 22 années de suite, n´a pas du tout perdu l´usage de la parole ! » Comment concilier ce que rapportaient la légende et le témoignage de M.I., fils de cet accompagnateur qui “aurait perdu l´usage de la parole” ? Tentons cette explication. On sait que ces accompagnateurs étaient tous choisis sur le critère de la voix, d´abord et de la mémoire, ensuite. Sur la scène, la fonction de l´accompagnateur était en fait très minime, puisqu´elle consistait à répéter tout simplement ce que Si Lbachir a déjà dit ou entonné, mais à haute voix, pour que les auditeurs puissent tous entendre. Il est donc possible qu´on ait mal interprété le sens “vrai” de l´imprécation rapportée par la légende. Gageons d´abord qu´il s´agissait là d´une sorte de sanction punitive dont le but était de “destituer” Mouloud de son pouvoir-savoir de chanter, pour avoir commis une grave erreur dont on a omis de rapporter les termes exacts. C´était, en tout cas, l´une des meilleures façons de faire tomber quelqu´un en disgrâce. D´autre part, connaissant le caractère hyperbolique de toutes les légendes, il est possible aussi qu´on ait mal traduit le sens de l´expression Ak-yefk ÊRebbi tiééit $ ta$ect-ik ! Plutôt que de l’usage complet de la parole, ne s’est-il pas agi seulement de la perte de la voix, élément essentiel du chant ou pour pouvoir chanter ? Quoi qu’il en fût, nous savons que par la suite Si Lbachir avait pris un autre assistant répondant au nom de Mohand Ou-Kassa, lequel est remplacé à son tour par Si Mohand Saïd des Iberbachen.

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Biographie de Bachir Amellah (par Kamal Bouamara)

Posté par coinlitteraire le 22 mars 2009

Biographie de Si l’Bachir Amellah

1861 – 1930.

(Par Kamal Bouamara). amellah.jpgHistoire de L’Bachir Amellah. Aujourd’hui je vous propose de decouvrir Si L’Bachir Amellah poete comme Si Md U Mhand. Biographie de Si Lbachir Amellah (1861-1930) Par kamal Bouamara.

Fils de Tahar des Imellahen (Arezqi n Ïaher Amellaê) et de Hafsa (Ëafsåa n At Yexlef), Bachir naquit, selon les documents de l´état civil, au cours de l´année 1861[1] à Ichekkaben – l´un des trois villages composant la tribu des Imellahen, laquelle est, actuellement, située administrativement dans la commune de Feraoun – Daïra (arrondissement) d´Amizour, dans la Wilaya (Département) de Béjaïa (ex. Bougie ; Bgayet, en kabyle).

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Bgayet.Festival de poésie d’expression amazigh

Posté par coinlitteraire le 21 mars 2009

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Aït Smaïl

La 7ème édition du Festival de poésie d’expression amazighe du 25 au 27 mars

En hommage à Mouloud Mammeri

C’est à à partir de mercredi prochain, 25 mars 2009, et ce jusqu’au vendredi 27, que la 7ème édition du Festival de poésie d’expression amazighe, organisée annuellement à Aït Smail en hommage à Mouloud Mammeri, aura lieu.

Le dépôt des poèmes (écrits) a eu lieu du 12 janvier au 26 février 2009 et, pour la première fois depuis 2003, l’Association organisatrice, «Adrar n fad» s’est vue dans l’obligation de faire une présélection pour dégager une soixantaine de participants à l’épreuve finale (orale). En effet, ces poésiades ont pris de l’ampleur, et chaque année, le nombre de participants augmente jusqu’à atteindre, pour cette édition les 150 poètes.

Toutefois, les candidats non sélectionnés seront invités et seront partie prenante aux ateliers et aux échanges d’idées. Cette sélection a été faite à cause de l’impossibilité d’organiser 150 récitals en … trois jours.

Par ailleurs, on apprend que ces 7ème poésiades seront marquées par la présence du grand chanteur Chérif Kheddam qui sera l’invité d’honneur.

Ce dernier a déjà donné son accord pour assister au festival le jeudi 26 avant de se rendre en France pour participer à l’hommage qui sera rendu à Kamal Hamadi le 3 avril 2009 au Zénith de Paris. Pur revenir à la 7ème édition du Festival de poésie d’expression amazighe, organisée annuellement en hommage à Mouloud Mammeri par l’Association culturelle  «Adrar n fad» à Aït-Samil, les récitals se dérouleront en public devant un jury composé de quatre enseignants de Tamazight de l’université de Béjaïa, en l’occurrence, Mohmed l’Hacène Mahrouche, Zahir Melsem, Allaoua Rabehi et Kamal Bouamara. Ce dernier a, dans une brochure présentant les six éditions précédentes de ces poésiades et publiée par l’association organisatrice, conclut l’évaluation de la poésie amazighe contemporaine ainsi «Il doit y avoir  divers concours d’expression amazighe en kayblie et sur le territoire national. Chaque concours doit avoir son propre jury et ce dernier doit fixer les critères d’évaluation sur la base desquelles  il opère. Cette diversité de concours et de critériologies finira, à la longue, par donner lieu à des «mouvements» ou «écoles» de poésie amazighe».

Quant aux organisateurs, ils déclarent : «cette importante manifestation culturelle se veut un hommage à Mouloud Mammeri, le grand penseur berbériste moderne ; celui qui a su servir avec générosité et modestie les causes sacrées de son peuple, en soufflant une vie nouvelle à sa culture, tamazight ; en défendant ses valeurs profondément humanistes, en portant haut et fort son message de liberté et de fraternité» et «l’association veut faire de ce carrefour culturel annuel, un espace pour la contribution à la connaissance de l’œuvre de Dda Lmulud, un espace de formation, de communication et d’expression aux poètes et poétesses amazighes».

Par ailleurs, l’Association culturelle «Adrar n fad» a choisi le mois de mars pour l’organisation du Festival de poésie d’expression amazighe parce que le 21 est la Journée mondiale de la poésie, mais aussi pour rappeler que c’était un certain 10 mars 1980 que la conférence de Mouloud Mammeri, sur la poésie kabyle ancienne, a été interdite à l’université de Tizi Ouzou qui porte, aujourd’hui, son nom. Pour cela, «Adrar n fad» veut que la 10 mars soit une journée nationale en hommage aux poètes

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