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Tassadite Yacine à Bgayet et Aokas

Posté par coinlitteraire le 7 janvier 2018

Rencontre littéraire avec

Tassadit Yacine,

le samedi 10 février 2018 à Bgayet au théâtre régional Malek Bouguermouh

et

le samedi 17 février à Aokas au centre culturel, à 14 heures

autour de son livre » Souviens-toi ramier…Contes d’amour kabyles »

Ces vingt-deux contes d’amour kabyles ont été recueillis dans les villages de Kabylie dans les années 1980. Leur quête et leur publication furent ardues à cause de la situation politique en Algérie entre 1992 et 2002, qui entraîna déplacements de populations et traumatismes liés au terrorisme.

Ces contes appartiennent, pour la plupart, à la littérature orale, ils sont généralement rapportés par les femmes. La société kabyle s’est ingéniée à décharger dans le fantasme le surplus de ses privations. Ainsi, l’amour banni, parce qu’il est absent, parce qu’il est en fuite le jour, est-il représenté majestueusement la nuit… à la lueur timide des dernières braises… La femme dans le conte ne figure pas seulement comme un objet de désir, elle est reflet de l’amour que le héros porte en lui.

Amour miroir choisi par l’homme pour s’y mirer, s’y qualifier.

Miroir idéal ou miroir monstrueux tant qu’iln’a pas atteint son but

Tassadite

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Lettres inédites d’une figure de Berbérie à son petit frère Mohand. Par Mohamed Lahlou

Posté par coinlitteraire le 2 avril 2017

MARGUERITE TAOS AMROUCHE

Lettres inédites d’une figure de Berbérie à son petit frère Mohand
  D.R.

Sans titre-1Bio-express : Mohamed A. Lahlou est docteur honoris causa, docteur d’État ès lettres et sciences humaines, docteur en psychologie et professeur à l’université d’Alger. Mohamed A. Lahlou est aussi professeur honoraire de l’université de Lyon et ancien président de l’Association internationale de recherche interculturelle (Aric).

     J’ai eu l’immense honneur de connaître Taos Amrouche, une grande dame de la littérature et de la culture algériennes. Au 41e anniversaire de son décès, comment lui rendre hommage, sinon en lui donnant la parole, en relisant certains passages de lettres qu’elle m’a adressées ? Il s’agit de lettres inédites, très denses et très longues à la fois, au point qu’il n’est pas possible de résumer toute leur richesse. Il était important de publier ces extraits, tellement ils sont l’expression de sa spontanéité à fleur de peau, de ses espérances vives et de ses déceptions douloureuses.

Le sous-titre de cette contribution reprend la manière dont Taos Amrouche m’appelait avec la tendresse qui était la sienne ; il emprunte aussi à Kateb Yacine sa manière d’évoquer la famille Amrouche qu’il comparait à une figue de Barbarie : “piquante à l’extérieur, mais si douce à l’intérieur”, disait-il.

Histoire d’une vie

     Taos Amrouche est née à Tunis le 4 mars 1913 d’une famille originaire d’Ighil Ali ; elle meurt d’une longue maladie, Taos Amrouchele 2 avril 1976, à Saint-Michel l’Observatoire où elle est enterrée. Elle est la fille de Fadhma Ath Mansour Amrouche, auteure de l’ouvrage Histoire de ma vie, et la sœur de Jean El-Mouhoub Amrouche, écrivain algérien de renom.
Exilée dans un autre pays, exilée dans une autre religion, exilée dans une autre langue, Marguerite Taos Amrouche, auteure de nombreux ouvrages et romans et interprète des chants traditionnels berbères, est restée l’Algérienne qu’elle a toujours été, la Berbère qu’elle n’a jamais cessé d’être, la passionnée de la culture algérienne qui a toujours été la sienne. Elle fut la première Algérienne à publier un roman, Jacinthe noire, en 1947. Elle a donné sa voix exceptionnelle aux chants berbères de Kabylie ; c’est à ce titre qu’elle fut invitée pour se produire sur de nombreuses scènes d’art et de culture, notamment à Paris, Madrid, Barcelone, Dakar, Florence et Rabat. Le pouvoir algérien de l’époque l’a cependant privée des honneurs qu’elle méritait et ne l’invitera même pas au Festival culturel panafricain d’Alger, en 1969.

Elle sera, par contre et pour une juste réparation de reconnaissance, invitée pendant cette période, à Alger, par les étudiants de l’université d’Alger, devant lesquels elle déclamera, avec émotion et fierté, ses poèmes et ses chants. Elle participera, à Paris, en 1966, à la fondation de l’Académie berbère. Ses principaux romans sont : Jacinthe noire (1947), Rue des tambourins (1960), L’amant imaginaire (1975). Elle laisse également un recueil de poèmes, histoires et proverbes kabyles Le grain magique (1966).

Ses disques ont sauvé, à jamais, de l’oubli, les Chants traditionnels berbères de Kabylie qu’elle tenait de sa mère, auxquels elle a donné sa merveilleuse voix et qu’elle a chantés, pour la première fois en public, au premier Congrès de musique marocaine de Fès, en mai 1939, à l’âge de 26 ans. C’est à cette occasion qu’elle a été nommée pensionnaire de l’Académie espagnole de Musique, La Casa Vélasquez de Madrid.
Au-delà de ce parcours exceptionnel, il y a aussi le lien émotionnel intense, le lien charnel, qu’elle entretenait avec son pays et son peuple, elle qui a été projetée d’un exil à un autre, d’une rupture à une autre, d’une incompréhension à une autre. Comment retrouver les signes de cette vie bouleversante, sinon dans ses écrits les plus spontanés ? Dans ces écrits qui ne sont pas retravaillés ou réécrits sous le regard d’un éditeur exigeant.

Dans ces écrits, on retrouve l’émotion, non plus celle d’une femme écrivaine et chanteuse d’opéra, mais l’émotion brutalement ressentie au plus profond d’elle-même. On y découvre l’émotion d’une Algérienne blessée par l’exclusion qu’elle a connue et vécue avec douleur.
On y découvre aussi ses espérances pour une Algérie dont elle rêvait, comme d’un fruit à cueillir avec tendresse.
On y découvre le cri d’une femme meurtrie par l’incompréhension d’hommes politiques désincarnés de la vérité de leur société.

On y découvre aussi cette prémonition, qui était la sienne, qu’un jour les jeunes de son pays viendraient à bout de toutes les injustices et de tous les oublis. Elle n’a eu le temps de vivre ni Avril 80, ni Octobre 88, mais elle pressentait qu’un jour meilleur viendrait grâce à une jeunesse algérienne bouillonnante du désir de liberté.
Dans ces extraits de lettres, on pourra suivre ses appels au pays qui lui manque, à ce pays que lui ont arraché ses exils et ses exclusions. Elle ne cessait de se voir, comme dans un récit fabuleux, parcourant l’immensité de l’Algérie et en même temps toute sa beauté. Dans ces extraits de lettres, nous suivrons, impuissants, son long combat contre la douleur d’une maladie qui l’arrachera à la vie ; une vie qu’elle voulait prolonger pour voir se réaliser son rêve le plus fou, celui de revoir son pays, sa Kabylie, son Algérie, de se réapproprier ces objets si simples d’une vie simple qu’elle voulait revivre.

Comment, à l’écouter nous lire ses lettres, ne peut-on point sentir cette fragilité et cette force de résistance qui était la sienne ? Comment ne pas ressentir pour Nna Taos, l’émotion communicative qui était la sienne ?
Écoutons-la donc lire ses propres mots écrits de sa propre main et essayons de reconstruire, avec elle, son univers intime.

Paris, le 4 janvier 1970

Mon cher et fidèle Mohand. Ton télégramme m’est bien arrivé (lors du récital de Taos Amrouche, à Rabat), qui m’a apporté la sève de tous les jeunes arbres de chez nous, de notre terre, qui poussent droit, sous la lumière de Dieu, sous le soleil des ancêtres. J’avais tant besoin de cet apport. Je me suis battue là-bas avec foi et j’ai triomphé (…). Les applaudissements, au cours de la dernière séance, sont allés à une ‘triomphatrice’, déchirée et transformée en fontaine de larmes !! (…). J’ai reçu également ta si émouvante carte. Le ton (le tien) est toujours aussi juste, aussi calme, résolu et ferme et aussi fier.
Cette année sera décisive ‘Assegwass agi da ssegwas amervouh !’. Celle des prises de conscience, des réveils. L’année du bonheur. (…) Mon 3e disque sera en vente en janvier (ces jours-ci) Les chants de l’Atlas. Traditions millénaires des Berbères d’Algérie… Tâchez de faire rentrer ce disque à Alger… La préface de Vincent Monteil est très belle. À Paris, certains étudiants de la faculté de Vincennes ont pleuré en m’écoutant, m’a affirmé mon ami Vincent Monteil.” “À ce congrès (de Rabat), personne n’a représenté l’Algérie. Da El-Mouloud a brillé par son absence. Pourquoi ? Son absence a été déplorée par tous. Aucun écrivain n’est venu de Paris. Pour Alger, il y avait Lahbabi et Jean Dejeux ! Ils étaient présents à la soirée, au concert. Et ils ont suivi les interventions.
Mais que restera-t-il de tout cela dans la publication des comptes-rendus ? J’ai rencontré l’écrivain marocain Abdallah Laroui (Histoire du Maghreb) venu de Casablanca pour m’entendre. Il a paru bouleversé et s’être reconnu : ‘Vous avez été à vous seule un Congrès. Vous nous avez apporté nos racines. Maintenant, je sais qui je suis, etc…’. Mais concrètement qu’en restera-t-il ? Tout cela s’est déroulé à huis clos ! Sans qu’aucun journaliste ne soit admis. C’était fou, non ?
Ainsi va la liberté d’expression et l’affirmation de la ‘désaliénation’ ! … Voilà des graines ensemencées. Il faut attendre qu’elles germent. Elles germeront, c’est sûr (…) Je voudrais, maintenant, cher Mohand, (…) que tu répercutes ce que je te dis auprès des vrais, des purs qui croient et travaillent de leur côté utilement. Comme nous travaillons ici nous-mêmes (…). C’est que la lutte n’est pas vaine puisqu’une jeune moisson de chercheurs ardents lève (…).
J’ai reçu les bons vœux de notre ministre de l’Information, à qui je vais répondre bien sûr (Le Dr Taleb me connaît assez bien). Cela changera-t-il quelque chose qu’il soit à l’Information pour ce qui nous intéresse ?? Et la nomination de Lacheraf comme conseiller culturel facilite-t-elle quelque chose ?? (…) Espérons. (…) Où en serons-nous d’ici là ? Aurons-nous avancé, sur le droit chemin ? Le monde est enténébré de catastrophes. Mais nous devons lever le regard vers Lalla Khadidja Tamgut (La Sainte) qui doit étinceler de neige. Ah ! Que c’est beau que nous puissions bientôt nous élancer à travers toute notre chère patrie, à la recherche des valeurs périssables. J’aimerais parcourir avec vous nos villages, nos plages, nos déserts, nos ruines. Entraînée par vous, connaître les Aurès et le M’zab et m’aventurer plus bas. Découvrir Tlemcen et la Qalâa des (…) Béni Hammad, ancienne capitale berbère (…) Ah ! ce passé fabuleux. (…)”.
Paris, le 30 novembre 1970
Ta belle lettre, très simple et si émouvante lettre du 29 août écrite de ton merveilleux village, m’est entrée dans le cœur, avec tout ce qu’elle contient d’instructif et de consolant. Mais à peine rentrée de vacances, vers le 15 août, le 12 ou le 13 je crois (j’espérais te revoir encore une fois), je suis tombée malade. J’ai le cœur fatigué(…) Les chants de l’Atlas vont sortir d’un jour à l’autre (l’autre titre, si beau à mon avis, Offrande à la Kahina reine des Aurès, n’a pas été retenu) (…). Je pars dans deux jours pour le Congrès international de la culture (…) auquel je participe à Rabat. Et qui sera ‘concerné’ par un concert de nos chants traditionnels (…).
Ce sera le samedi 5 décembre (…). Je t’écris ce mot de mon lit. Je suis très fatiguée. Mais Dieu est grand. Yella Rebbi. Et quand la cause est juste, la force est décuplée.
Tu as pu voir par toi-même la joie (quelquefois frémissante et perlée de larmes !) quand tu venais. Tu m’as laissé, mon petit Mohand, un si beau, si rayonnant souvenir. Ici, j’ai trouvé un étudiant qui a sa maîtrise de philo, qui fait une thèse. Il s’est mis à mon entière disposition pour m’aider à faire le grand livre sur mon frère, qui sortira pour le 10e anniversaire de sa mort, en août 1972.
Ce sera aussi le 10e anniversaire de la libération de notre pays. Reste la libération des consciences, des cœurs et des âmes … “Dieu ouvrira les portes” (…) Ce qui me toucherait ? C’est que vous m’écriviez tous pour me fortifier (…) J’ai besoin de vos lettres. Cela me donnera la force. (…)”

Paris, le 3 mai 1971
(…) Ce serait trop long, trop douloureux à raconter. Je ne puis. Ma gorge guérit et me refait souffrir. Le mal est profond.
C’est celui d’un trop long exil, d’un manque de soleil fondamental.
Le pays, il me faut le retrouver dans vos yeux, dans votre élan vers les racines. Mais moi, plus je vais, plus je m’affaiblis. (…)
Venir ?… C’est trop tôt. Beaucoup de choses en profondeur germent. Il faut attendre.
Le Dr Taleb qui me connaît bien, à qui j’ai longuement écrit en janvier, répondant à sa carte de vœux, lui annonçant la parution de mon 3e disque, ne m’a pas répondu.
(…) En ce qui me concerne, je ne vois rien qui se dessine au niveau où je me situe avec le message que depuis 32 ans je m’efforce de perpétuer.
Bien entendu je ne parle pas de l’écho que je rencontre chez ceux de ta génération, écho positif, merveilleusement réconfortant, mais c’est au niveau des “manettes” que ça renâcle. (…) Et ce mouvement ne peut venir que de la jeunesse estudiantine, universitaire. Cela se comprend. Pourvu que cela n’arrive pas trop tard… Je suis infiniment lasse.
Venir à Alger, quand on ne détaxe pas mes disques ? Quand le livre de ma mère est sous le boisseau ? Quand ceux qui ont témoigné pour cet art superbe tournent leur veste ?
Ce n’est pas possible, Mohand (…). Tu vois, il y a sans doute une faille en nous : dès que ‘l’assiette au beurre’ arrive entre nos mains … adieu l’idéal, adieu la cause la plus sacrée ! (…) L’argent pourrit l’âme (…)
J’aurais besoin d’un changement d’air. De soleil, d’enthousiasme. De jeunesse qui apprendrait de moi comme j’ai appris de ma mère et elle des aïeux…
(…) L’année dernière, tu m’as trouvée assez abattue. C’est encore pire cette année. Pourtant, je sais, je sens que les choses mûrissent, que la prise de conscience s’opère chez beaucoup, mais moi, je m’épuise… Je fais illusion quelques fois … je fais quelques pas et tombe pour me relever (…).(…) Mais, Mohand, parle-moi du ciel, des poissons. De nos vraies richesses.
De nos bijoux anciens. De l’air de nos montagnes.
De la dignité de notre vie patriarcale, et aussi du nouveau qui vous pousse en avant, mais fortement appuyés sur un passé de sagesse (…). Dites-moi que c’est sur ce roc que vous prenez appui pour vous élancer (…). Courage ! (…) du fond du cœur. (…)”
Lorsque tombe le rideau et se lève
Taos Amrouche s’éteint, en exil, le 2 avril 1976, au milieu du printemps, thafsouth, alors que les bourgeons des fleurs éclosent. Elle s’est éteinte alors qu’elle espérait encore voir les bourgeons de liberté portés par les jeunes d’une Algérie des espérances ; alors qu’elle espérait encore, malgré sa maladie, qu’elle assisterait aux “prises de conscience” et aux “réveils”, d’un pays qu’elle aimait, comme un fruit fragile, d’avoir été trop malmené.
De là-haut, elle qui mêlait intimement sa foi chrétienne, celle de l’islam de ses appartenances et les croyances ancestrales de son âme, sera reposée en apprenant que les jeunes, qui étaient les siens, ont fait fleurir le Printemps berbère en avril 80, et qu’aujourd’hui Tamezgha est un immense territoire libéré de sa négation et que tamazight, langue originelle de son Algérie, est, ce qu’elle n’aurait jamais dû cessé d’être, la langue nationale et officielle de l’Algérie réconciliée avec elle-même.
Repose en paix, Nna Taos, toi dont le combat sur Terre a été si harassant mais en même temps si riche d’espoirs et de leçons pour les générations qui t’ont entendue et celles à venir.

M. A.-Lahlou

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Abderahmane Zakad, un Bougiote (Ingénieur-Urbaniste-Romancier) écrit à Madame la ministre de la culture

Posté par coinlitteraire le 24 octobre 2014

 Bougie_Lecture

A Madame la Ministre de la Culture,

 

Objet : Comme suite aux rencontres sur le livre et le cinéma organisées  en juillet 2014  à la B.N

 

De ma ville de Bejaia, je vous adresse mes salutations ainsi qu’à tout le personnel du Ministère de la Culture.
Cette lettre se veut comme proposition modeste et contributrice pour l’amélioration de notre champ culturel et particulièrement au livre et à la lecture.

Les débats qui ont eu lieu lors des rencontres que vous avez initiées en juillet 2014 ont été fructueux. Chacun de nous, parmi les présents, a pu soumettre ses idées et son expérience. J’ai été, personnellement, intéressé par vos propositions sur la manière de prendre d’autres chemins pour explorer ce que l’on peut faire afin que notre champ culturel s’améliore et s’enrichisse.

De 2.000 à 2014, le ministère de la culture a entrepris beaucoup de choses, certaines bonnes d’autres moins bonnes. Je pense qu’un jour, un bilan critique de ce qui a été entrepris dans le domaine de la culture pourrait être fait. Cela permettrait  de connaître, de corriger et améliorer la gestion et la production culturelles dans notre pays. Cependant et de l’avis de nombreux spécialistes dont mon ainé et ami Mr. Kaddour Mhamsadji, l’aide au livre telle qu’elle a été pratiquée ces 10 dernières années en aidant les éditeurs n’a pas porté ses fruits. Il s’en est suivi l’apparition d’une pléthore de Maisons d’Edition, n’ayant aucun lien avec le livre, attirée par l’appât du gain et qui ont nui au Livre. Ce qui est sûr c’est qu’on a étoffé les statistiques mais brisée l’incitation à la lecture étant donné la qualité et le contenu des œuvres éditées dans ce système mis en place hélas de bonne foi. De plus, qu’elle soit en langue arabe ou en langue française notre littérature est devenue la risée de beaucoup de monde.

Voilà, donc un cas où les mauvaises décisions prises au sommet de la pyramide se répercutent vers la base d’une façon catastrophique qui va durer un long moment, c’est-à-dire ce que durent les livres.

Madame la ministre,

Vous avez une mission des plus difficiles mais des plus nobles: changer le « Monde » !

Il faut sortir de l’ombre vers la lumière. Les choses de l’esprit, la culture dans son ensemble ne peuvent se comprendre, se mouvoir et se parfaire que dans la clarté et l’éthique. L’ennemi à tout cela c’est l’ignorance. Et quand s’ajoute  l’accaparement pour l’enrichissement, le socle culturel est alors érodé et la stèle tombe. Ce qui déjà nous arrive.

Parmi tous les points que vous avez soulevés lors de ces rencontres, ainsi que les orientations que vous avez données, un point a retenu mon attention. C’est celui concernant la production culturelle en direction des jeunes.

Madame, vous avez tout à fait raison car votre directive est importante, stratégique et tout à fait justifiée. Ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui seront les hommes de demain. C’est eux qu’il convient de prendre en charge, c’est vers eux qu’il faut se tourner. Les adultes pourront toujours se débrouiller par leur jugement et leur appréciation, le marché de la culture leur est ouvert. Ce qui n’est pas le cas des jeunes, isolés et inexpérimentés, surtout qu’on n’a pas la chance d’avoir des parents attentionnés et lettrés pour servir de guide.

Il ne convient plus de savoir si les gens lisent ou ne lisent pas. L’adulte a accès aux loisirs et aux produits de la culture en toute connaissance, selon ses désirs et son libre arbitre. En plus, cela relève d’un aspect commercial: acheter ou ne pas acheter un produit culturel. L’arbre a poussé, il a ses frondaisons.

Alors qu’au contraire, s’intéresser et orienter les jeunes vers les choses de l’esprit, c’est mettre un tuteur à un arbuste pour que son développement soit guidé, droit et riche de branches. Ce tuteur peut alors lui assurer le chemin de l’avenir par la curiosité, l’ouverture sur le monde, les connaissances et le développement de la personnalité ; cela, dès son jeune âge et surtout dès l’adolescence. C’est une RÉVOLUTION à entreprendre afin de changer la perception acquise dans le passé concernant notre champ culturel orienté vers les adultes alors que nos librairies, nos musées, nos cinémas sont vide d’enfants et d’adolescents. (1)

Ces dernières années, la production culturelle, tous domaines confondus, a été axée vers les adultes.  Les hommes et femmes  d’aujourd’hui – les contemporains d’une époque – consomment une culture qui est le produit de la dite époque tout en étant imprégnée anthropologiquement par la culture des  époques antérieures, diversifiée. Cette partie de la population, mûre et avertie, est favorisée ce qui n’est pas le cas de la population jeune (6 à 12 ans) ainsi que des adolescents (15 à 18 ans).

Suite à une enquête personnelle de visu et d’écoute, j’ai constaté que seulement 10 %  de la production culturelle concerne les jeunes (cinéma, télévision, livres en tous genres, festivals, chansons – excepté la bande dessinée et les dessins animés). Alors que cette population compte pour presque 30 % de la population totale selon la pyramide des âges, sa part dans le champ culturel n’est pas en rapport de sa masse. Je ne soulève pas le cas des catégories des populations qui n’y accèdent pas : enfants d’ouvriers, enfants de ménages à faible revenu, population des bidonvilles, population du sud ou des zones déshéritées, etc. Une étude est à faire dans ce domaine pour connaitre l’impact de la production culturelle dans notre pays vis-à-vis de ces populations jeunes et des différentes strates de la population.

Aussi connaissant cette situation, mes romans et mes projets d’écritures vont en direction de cette jeunesse.

Je vous prie d’accepter mes salutations distinguées accompagnées de deux livres écrits pour les jeunes et d’un autre en préparation. (Sur mes 13 romans et Nouvelles).

 N’accordant aucun intérêt aux maisons d’édition existantes (2),  je signale que j’édite mes livres moi-même, les distribue moi-même et les vend sur l’agora de la Grande poste ainsi que dans la rue à Béjaia. Ce qui me rapproche des jeunes lecteurs avec qui j’apprends énormément.                                                                                                                                                                                                                                                          Abderrahmane Zakad – Ingénieur-Urbaniste/Romancier
8, escaliers Chellaoua
BEJAIA

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(1) El Watan a fait paraître le 29.12.2014 en page 5 un article intitulé « ETUDE SUR LE REVENU MENSUEL DES MENAGES », synthèse d’une étude faite par le SNAPAP (Société algérienne de Psychologie).

On remarque qu’il est montré pour ce concerne les dépenses des ménages,  trois graphes : NUTRITION – SANTE / SOINS- SCOLARITE / SCOLARITE – ENERGIE.

Le poste concernant les dépenses des ménages pour les loisirs, la culture ou les choses de l’esprit n’apparaît pas. C’est un indice qui montre l’intérêt que l’on accorde à la culture.

(2) Seules trois ou quatre Maisons d’Edition peuvent être qualifiées de cette appellation.  Je connais trop le sujet, ayant collaboré avec la très sérieuse maison d’Editions Marsa/Paris et Marsa /Alger et travaillé à l’OPU comme conseiller au Livre et lecteur/correcteur.

NOTE:

Un Constat désolant et un indice qui montre l’absence de communication ou le peu d’intérêt qu’accordent les citoyens aux choses de la culture.

-J’ai écrit 11 romans dont 3 romans sont des récits ou des nouvelles concernant Bejaia. (Aucune personne de Bejaia ne les a lus, à l’exception de quelques amis à qui j’en ai parlé.)

-J’ai réalisé 3 films sur les vieilles villes (Constantine, Tlemcen, Alger) – Films professionnels.

-J’ai écrit une dizaine de textes pour des conférences qui concernent le PATRIMOINE, LES TECHNIQUES PAYSAGÈRES, LES ESPACES DE JEUX POUR ENFANTS, LA MAITRISE D’OUVRAGE, etc.

-Une centaine d’articles en tous genres ont paru sur les quotidiens et particulièrement des articles qui concernent la critique littéraire et la critique d’art (Peinture).

En 20 ans, J’ai été invité par trois universités pour des conférences alors que je suis disponible :

-Université de Constantine. Thème de la conférence : Le roman algérien. (Invité par Abdelali Merdaci)
-Université de Saida. Thème de la conférence : le roman TRABENDO. (Par le chef de département lettres)
-Université de Sétif. Thème de la conférence : L’architecture Islamique. (Invité par Madame Bouadjadja.)

 Vous aurez compris, Madame la ministre, que ce n’est pas pour parler de moi que je porte à votre connaissance tout cela. A 76 ans, mes ambitions sont comme sur un palimpseste : effacées.  Si ce n’est le bonheur de communiquer avec une jeunesse à qui on doit transmettre et servir d’exemple. Hélas, les choses font qu’aujourd’hui le « mal » transcende du fait de l’ignorance ce qui pousse le « bien » à s’isoler quand il ne se cache pas.

Je ne finirai pas sans dire que c’est regrettable que les gens de Bejaia n’ont pas lu des livres qui traitent de leur ville et ne savent pas que parmi eux vit un « pauvre romancier» qui les aime veut leur donner. Est-ce un manque d’intérêt ? Un manque de communication ? Je pense que les directeurs de la culture dans les wilayas  ont un important rôle à mener dans ce domaine.

Cependant, je me réconforte en pensant que je ne suis pas le seul. Mon ami Kaddour M’hamsadji en sait quelque chose, lui notre ancien, lui qui a été l’un des premiers membres de l’Union des Ecrivains sous la présidence de Mammeri (Oct.1963), lui qui a vu ses livres traduits en chinois, lui qui a écrit le premier livre « Comment concevoir une émission radiophonique » en 1974, lui qui  a vu son livre «  Le silence des cendres » porté à l’écran. Et, des ANCIENS, on en a besoin, pour servir de rampe sur quoi on s’appuie. Surtout dans le monde de la culture. (A.Z)

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Entretien avec l’écrivain Rachid Oulebsir

Posté par coinlitteraire le 29 mars 2013

Entretien avec l’écrivain Rachid Oulebsir rachid_oulebsir

Entretien réalisé par Aomar Mohellebi

Universitaire diplômé de Paris Sorbonne, ancien journaliste, essayiste  et écrivain, Rachid Oulebsir est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques et d’un diplôme d’études approfondies en sciences sociales (Doctorat de troisième cycle) des universités  Paris Nord et Paris 1 Panthéon- Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs livres dont deux romans, « Les derniers kabyles » et « Le rêve des momies ». Rachid Oulebsir a également publié des essais dont « L’olivier en Kabylie entre mythes et réalités ». Actuellement, il vit parmi les paysans de la montagne, à Tazmalt,  non loin de  Béjaïa.

Le Courrier d’Algérie : Le parcours de votre vie est atypique et il mérite qu’on s’y attarde. Jeune, vous êtes parti en France où vous avez effectué des études supérieures. Puis, contrairement à la majorité écrasante de ceux qui partent, vous êtes revenu. En plus, non pas pour vous installer dans une grande ville. Mais plutôt pour vivre en pleine campagne et il parait que vous menez actuellement une vie de véritable montagnard. Un choix qui peut sembler absurde quand on prend la vie de manière très superficielle comme la majorité le font aujourd’hui. Parlez-nous un peu de tout ça…

Rachid Oulebsir : Si j’aimais la ville, je n’aurais jamais quitté Paris, sans doute la plus  belle ville du monde. Je suis revenu pour vivre  à la campagne.
En 1980, je suis rentré de France  pour des vacances. Conquis par la magie  de la Kabylie je me  suis inséré  dans cette oasis culturelle pour le reste de mes jours. J’ai travaillé quelques mois à l’université d’Alger, à Constantine puis au Sud. J’ai fini par ranger mes stylos et tout plaquer, rompre avec la fausse modernité, pour reprendre la ferme familiale à Tazmalt dans la haute vallée de la Soummam (Béjaïa).
J’avais décidé de  m’insérer parmi les paysans, les montagnards  à la culture ancestrale  dans le but d’écrire des romans, des essais et  surtout des reportages. Lire la suite… »

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Renia Aouadene. Invitée Café Littéraire le 06 nov 2012

Posté par coinlitteraire le 3 novembre 2012

Renia Aouadene. Invitée Café Littéraire le 06 nov 2012 dans Debats litteraires renia_aouadene

AOUADENE   RENIA
Professeur de Lettres-Espagnol
Poétesse - Nouvelliste – Dramaturge - Romancière
Invitée à un café littéraire

Née à Marseille, elle est originaire de la région de Iboulaouadène – Kabylie – Algérie.

Elle fait des études de Littérature et Civilisations hispano-américaines et en sciences de l’éducation à l’université d’Aix en Provence. Ensuite elle part pour Cordoue et Grenade comme assistante de Français où elle se passionne pour l’Espagne arabo-berbéro-musulmane.

Engagée dans le mouvement associatif, elle milite au sein d’Associations marseillaises issues de l’immigration. Elle est animatrice socio-culturelle, formatrice auprès des publics en difficultés d’insertion sociale et professionnelle.

Elle a enseigné la Littérature et l’Histoire dans un Lycée des Métiers à Marseille aujourd’hui elle enseigne l’Espagnol dans le cadre de Projets européens et d’échanges avec l’Espagne.

Rénia est une conteuse qui déclame sa poésie sur les thèmes qui lui sont chers et qui traduisent sa révolte devant l’injustice où qu’elle soit. Elle a publié des nouvelles, de la poésie, du théâtre et un roman où l’on retrouve les cultures dans lesquelles elle a baigné depuis son enfance.

Elle participe à des salons du livre, festivals ou elle donne des conférences. Elle fait des lectures poétiques sur scène accompagnée de Denis Chauvet , musicien guitariste et bassiste.

Le mardi 06 novembre 2012 à 14h00

au

Centre de documentation en droits de l’Homme(CDDH)

Affilié à la Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme(LADDH-Bejaïa)

Situé à la cité Aouchiche (pont de Tazeboujt)

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A. BOUGUERMOUH. Du cinéma à la littérature

Posté par coinlitteraire le 17 novembre 2011

abder.jpg          (Par Nabila Guemghar). Le pas nonchalant, la chevelure grisonnante, le regard pénétrant, comme pour figer les images qui s’offrent à lui, et l’une allure naturelle d’où se dégage un charisme qui force respect et admiration, l’homme qui gravit les marches du Théâtre régional de Béjaïa, en cette belle journée ensoleillée, c’est Abderahmane Bouguermouh, l’invité du café littéraire de Béjaïa.

          Il se dit ému d’être dans ce lieu, qui porte le nom du frère disparu, Malek. Béjaïa, ou « la rose Béjaïa», qu’il dit ne pas reconnaître, lui ouvre grand ses bras et l’accueille dans son giron, l’espace d’une visite. Devant l’assistance, fidèle et nombreuse, du Café Littéraire, Abderahmane Bouguermouh se prête volontiers au jeu des questions /réponses qui avait trait globalement sur son œuvre cinématographique et sur son roman Anza (Casbah Edition, 2009). Il déclare, d’emblée, que « ce roman était, d’abord, un scénario de film que j’ai dû remanier, faute de moyens, pour en faire un roman, je ne suis pas un écrivain, je ne suis que le témoin d’une époque ». Rappelant qu’Anza revient sur une période douloureuse de l’histoire de l’Algérie, se rapportant aux événements tragiques du 08 Mai 1945, et cela à travers le personnage central du récit ,« Cheffou », pour dire le « destin des hommes qui n’ont pas eu de vie… les oubliés de l’Histoire », insiste Bouguermouh. Le public, dans un silence religieux, buvaient les paroles de celui qui a permis à l’expression kabyle d’éclore, pour la première fois, à travers une œuvre cinématographique portée à l’écran, et qui a porté la voix d’un peuple longtemps privé de parole… Ses réponses étaient brèves et sans équivoque, empreintes de colère quand, par exemple, il a évoqué l’ostracisme dont il a été victime, en insistant, cependant, pour dire que c’est en militant d’une région d’Algérie qui dérangeait. Empreinte d’amertume, aussi, en évoquant le coup bas des siens, quand avec un groupe de jeune, dont Mohamed Haroun, il a voulu créer l’Académie berbère, que le HCA a tout fait pour bloquer.
           Sur l’adaptation de La colline oubliée, qu’il ne veut toujours pas postsynchroniser en arabe en disant vouloir qu’il « reste (le film) un symbole de ce dont les kabyles ont été privé », il dit avoir bénéficié du soutien de militants présents à ses côtés et leur solidarité a permis l’aboutissement du projet, et que les subventions dont il a bénéficié étaient loin d’être suffisantes, contrairement à ce que certaines mauvaises langues avancent. A la question d’un intervenant de savoir si le cinéma kabyle peut traiter de tous les sujets sans distinction (référence aux films de Nadir Moknèche qui parlent, sans complexe, de sujets tabous tel que la prostitution, liberté de la femme et le terrorisme), Bouguermouh répond par l’affirmatif, le kabyle, pour lui, étant une langue comme une autre, ce qu’il déplore plutôt c’est l’amateurisme dans la création artistique, dans le cinéma notamment, pour lequel on institutionnalise des festivals et autres rencontres folkloriques, mais où, malheureusement, le cinéma professionnel semble absent, « ce n’est pas parce que nous avons quatre films professionnel qu’on peut se targuer d’avoir un cinéma de grande envergure », dira-t-il, et d’insister sur la nécessité d’avoir des structures adéquates comme des écoles de cinéma, et une véritable politique éditoriale, ainsi que de réelles structures à même d’aider à l’épanouissement de cet art. Se désolant de l’état de l’enseignement de la langue amazighe et le caractère amateur de certaines chaînes de télévision d’expression kabyle, il rappelle la nécessité de doter la langue d’une académie, à même de la protéger et former des professeurs aptes à l’enseigner. Et comme pour restituer une vérité historique, il rappelle, à l’assistance, que l’Académie berbère a été l’œuvre de deux intellectuels que sont Taous Amrouche et le pharmacien Mustapha Hannouz, rejoints après par Mohand Arab Bessaoud. Evoquant sa rencontre avec Kateb Yacine, le conférencier dit avoir travaillé avec l’écrivain six mois durant pour l’adaptation de Nedjma, mais Kateb étant insaisissable a fini par refuser l’autorisation à tous ceux qui ont voulu porter le roman à l’écran.
          A plus de quatre-vingt ans, l’enfant d’Ighzer Amokrane dit son désir et sa disponibilité pour aider les jeunes qui veulent apprendre le noble métier du septième art, se disant prêt à faire venir les spécialistes qu’il faut pour redonner ses lettres de noblesse à cet art, lui qui, dans l’incapacité physique de travailler comme avant, compte confier la réalisation d’un film sur Taous Amrouche, dont le scénario est déjà prêt, à Ali Mouzaoui, « c’est un projet que j’ai eu avec Laurence Bourdil, la fille de Taous, je compte le mener à bien, c’est une promesse que j’ai faite à Taous de son vivant. »
          Il se dit, par ailleurs, n’être heureux que dans ses montagnes Kabyles et que s’il devait fixer une image, cela serait, sans aucun doute, la nature de sa belle Kabylie qui l’a vu naître.
          A rappeler que la séance s’est terminée par une vente dédicace qui a fait quelques frustrés, puisque tout le stock de livres a été épuisé.

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De la Numidie à l’Algérie : grandeurs et ruptures (par Karim Younès)

Posté par coinlitteraire le 25 septembre 2011

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De la Numidie à l'Algérie : grandeurs et ruptures (par Karim Younès) dans Production litteraire          (Par Hocine T). Ils étaient nombreux, hier, les lecteurs et lectrices à se faire signer le livre de Karim Younès « De la Numidie à l’Algérie : grandeurs et ruptures« .
          A l’occasion de ce 16e Salon international du livre d’Alger (Sila) le stand de Casbah Editions ne désemplissait pas, surtout que, à côté de Karim Younès, le caricaturiste Ali Dilem dédicaçait son ouvrage Algérie mon humour. En ce vendredi après-midi, c’était l’ambiance des grands jours pour les férus de vente-dédicace. L’ancien homme politique se prêtait gentiment aux sollicitations du public, parmi lequel des noms connus (dont Saïd Hilmi). Karim Younès ne le montrait pas visiblement, mais on sentait bien qu’il était ravi d’être ainsi débordé par le nombre croisant de tous ces gens venus pour une signature et échanger quelques mots. Manifestement, l’écriture et la reconnaissance du public lui donnaient du punch. Un succès aussi pour son éditeur. Le livre ? Il s’agit d’un volumineux ouvrage de 518 pages paru le 21 septembre dernier chez Casbah Editions. Dans De la Numidie à l’Algérie : grandeurs et rupture, l’auteur revisite l’histoire de son pays depuis la lointaine Antiquité, en passant par la propre saga familiale, et jusqu’à l’Algérie d’aujourd’hui. Les faits historiques, les dates et autres séquences fortes, les «petits» et grands personnages… jalonnent les pages de ce livre. Karim Younès n’oublie pas d’évoquer son propre parcours, personnel et politique, lui qui a été témoin et acteur de la vie politique algérienne de ces dernières années. Un ouvrage à lire absolument, en ce qu’il regorge d’une foultitude de détails, loin, bien sûr, d’un quelconque «déballage politico-médiatique » (selon ses mots). Karim Younès a su, ici, éviter intelligemment le piège de vouloir «solder des comptes» (sic) et faire œuvre d’historien, en commençant par interroger ses ancêtres pour mieux aider à comprendre l’Algérie contemporaine. «J’écris, dit-il, pour l’histoire de notre pays, pour la libération de nos consciences vis-à-vis des générations dont nous sommes comptables ». Avouons qu’il s’en sort plutôt bien dans son entreprise, au grand bonheur du lecteur (qui n’aura à payer que 1 000 DA pour s’offrir un livre également plein de moments d’émotion et de littérature). Licencié de langue française de l’Université d’Alger en 1978, Karim Younès a été secrétaire d’Etat puis ministre de la Formation professionnelle de 1997 à 2002. En mai 2002, il est élu député à l’Assemblée populaire nationale. A partir de juin 2002, il est président de l’APN dont il démissionne le 3 juin 2004. Depuis, il est retiré de toute activité politique et vit à Alger avec sa famille. Mais il ne se considère pas comme un retraité de la politique et du militantisme. La preuve, son intéressant ouvrage tout frais sorti chez son éditeur.

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Bgayet. Aït Smaïl organise le 9e Festival de poésie amazigh

Posté par coinlitteraire le 30 mars 2011

          Les poètes de plusieurs régions d’Algérie se sont donné rendez-vous, le week-end dernier, à Aït Smaïl pour la 9e édition du Festival de poésie amazigh, organisée par la très active association locale Adrar n’fad en hommage à l’écrivain Mouloud Mammeri.

          (Par Hakim Kebir). Durant trois jours, la maison de jeunes de la localité a vu défiler des amateurs de poésie venus de différentes régions berbérophones d’Algérie. Avec pour objectif d’en faire un espace d’expression et de rencontre des poètes, les initiateurs du festival – qui a vu le jour en 2003 – ont réussi leur pari puisque pas moins de 131 poètes des deux sexes et de tous les âges ont pris part à ce rendez-vous. L’occasion a été aussi donnée aux férus de ce genre littéraire de déclamer leurs poèmes sur les différents thèmes et dans les variantes de la pratique de la langue amazigh.Riche en couleur, la manifestation a vu aussi l’organisation d’ateliers d’art, d’expositions de peinture, d’un café philosophique et de conférences-débats sur les thèmes de la poésie et de la littérature en général.

          Ainsi, Ouchene Smaïl et Mokrani Nourredine ont exposé leurs œuvres d’art et se sont vu décerner des prix d’encouragement à l’issue du festival. Allaoua Rabehi, membre du jury et enseignant de tamazight à l’université de Béjaïa, a animé une conférence sur «La poésie du chanteur kabyle Lounis Ait Menguellat» et Abdennour Ould Fella a abordé le thème de «Mouloud Mammeri : de la distanciation à la réappropriation de la culture berbère».

          Cercle de poètes

          L’écrivain journaliste Rachid Mokhtari s’est étalé, pour sa part, sur une œuvre jusque-là méconnue du grand public, à savoir «Mouloud Mammeri, entretien avec Tahar Djaout». Dans une conférence sur le thème «Mouloud Mammeri et Tahar Djaout : empathie et écriture», Rachid Mokhtari a su, dans un langage limpide, disséquer l’entretien qui, selon lui, a servi à «préparer au changement dans l’esthétique littéraire entre deux générations d’écrivains et la transition vers une nouvelle voie romanesque». Aussi, cet échange entre les deux écrivains a, selon le conférencier, «apporté des éléments de réponse concernant la production de l’auteur de La Colline oubliée sur le plan quantitatif, la notion d’engagement et le devoir de vérité chez lui et la dichotomie entre sa production de l’imaginaire et ses travaux de recherche».

          Ce festival annuel, qui s’est déroulé dans une ambiance bon enfant et qui a suscité l’engouement du public, s’est clôturé samedi avec la remise de prix aux auteurs des meilleures œuvres poétiques, après évaluation par un jury composé d’universitaires spécialistes.
Ainsi, le premier prix est revenu à un jeune poète, Ibri Hamid de Aïn El Hammam (Tizi Ouzou), alors que des prix ont été attribués pour des poèmes déclamés dans d’autres variantes du parler amazigh, à savoir le zenati, le ouargli et le chaoui.
          Malgré la fatigue, perceptible sur leurs visages, due à la longue préparation entamée depuis décembre, les membres de l’association Adrar n’fad ont affiché leur satisfaction suite à la réussite du festival ; ils espèrent néanmoins une aide de la part des pouvoirs publics dont l’apport jusqu’à présent reste en deçà de leurs attentes et des objectifs qu’ils se sont assignés. Ils estiment qu’au delà de la volonté qui les anime, l’apport matériel et financier est de mise pour ne pas céder à la tentation de léthargie qui gagne le mouvement associatif.

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Publication : Femmes algériennes dans l’écriture

Posté par coinlitteraire le 31 janvier 2011

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Anne-Marie Nahlovski vient de publier La Femme au livre, les écrivaines algériennes de langue française, aux éditions L’Harmattan.

          (Par Walid Mebarek). Docteur ès lettres de l’université de Strasbourg, l’auteure a enseigné en Algérie le français durant six ans, au titre de la coopération. C’est là qu’elle a senti le frisson de la littérature féminine algérienne qui lui a donné envie de travailler sur ce que cette création apporte au monde du verbe. Son livre, fruit d’une thèse de doctorat en littérature française, consiste en une analyse de trois romans de la deuxième moitié du XXe siècle, Vaste est la prison d’Assia Djebar, N’zid de Malika Mokeddem et La Voyeuse interdite de Nina Bouraoui. L’objectif de cet essai est «d’interroger le fonctionnement de la langue et les fondements de l’écriture, pour étudier, au prisme de la psychanalyse, le stratagème secret des jeux du langage et les mécanismes inconscients de l’écriture.

          L’aventure scripturaire est le révélateur d’une construction en marche et d’une montée en puissance de la parole féminine. Elle dévoile l’accomplissement d’un cheminement de la conscience créatrice, instaurant l’écrivaine algérienne dans un nouveau statut personnel et social, celui de ‘‘La femme au livre’’». Après avoir disséqué les livres, objets de l’étude dans les première et deuxième parties, l’auteure aborde dans la troisième partie le «‘‘je’’ du regard comme réappropriation d’un contexte social», ouvrant le monde à la «jouissance retrouvée d’une réponse à l’oppression» par le «vomissement d’une société patriarcale» et le «rejet d’un sexe dégradé».

          Dans les arcanes des textes des auteures étudiées, selon l’universitaire, il s’agit de la «prise de conscience de la place de la femme dans la société», par tous les moyens. Anne Marie Nahlovski cite ainsi : «la féminité en dérobade ou le jeu-mascarade de l’androgyne», «la parole en dissidence», «la séduction de la marginalité». Un livre utile pour appréhender la montée en écriture ou «l’ineffaçable remplace l’indicible». Voici un livre qui pourrait intéresser au-delà du petit monde des férus de contextualisation littéraire.

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Le marché du livre en Algérie

Posté par coinlitteraire le 16 décembre 2010

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Marché du livre en Algérie : quelques constats 

          (Par Djaouida Chaib). « Il n’y a pas réellement une politique du livre en Algérie », disent à l’unanimité les gens du métier qui souhaiteraient l’instauration d’une  loi qui définirait les règles générales de toute la chaîne du livre et une politique fiscale stable à même de réduire les coûts tant à la production qu’à l’importation et pourquoi pas une subvention du livre.

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