Littérature algérienne

À l’époque romaine comme plus tard à l’époque arabe, l’Algérie, fondue dans un ensemble plus vaste qu’elle, n’a pas de production littéraire spécifique. Si, au XIVe siècle, Ibn Khaldoun rédige à proximité de Tiaret une part importante de son œuvre d’historien, les fameux Prolégomènes, il n’est pas un enfant du pays, mais un écrivain itinérant à l’intérieur du Maghreb.

Avec la conquête française, l’Algérie s’agrège à un nouvel ensemble culturel. Dans la communauté européenne de la colonie se développe, au début du XXe siècle, un courant littéraire algérianiste où se distinguent Robert Randau, Isabelle Eberhardt, Lucienne Favre. Très différente, parce que délibérément universelle, est l’école d’Alger où s’illustrent, à partir du milieu des années 1930, Albert Camus, Emmanuel Roblès, Jules Roy et Jean Pélégri.

Une littérature algérienne d’expression française naît peu de temps après, d’abord marquée par l’écrivain kabyle chrétien Jean Amrouche (l’Éternel Jugurtha, 1946), puis par Mouloud Feraoun (le Fils du pauvre, 1950), Mouloud Mammeri (la Colline oubliée, 1952) et Mohamed Dib (la Grande Maison, 1952).

Ces écrivains ouvrent la voie à une littérature de combat, conduite de front avec la lutte de libération nationale par Kateb Yacine (Nedjma, 1956), Malek Haddad, Assia Djebar, Djamal Amrani, mais aussi par deux poètes d’origine européenne, Anna Greki (Algérie capitale Alger, 1963) et Jean Sénac (Matinale de mon peuple, 1961). Après l’indépendance, la littérature d’expression française se poursuit avec Mourad Bourboune, Rachid Boudjedra, Rabah Belamri, Rachid Mimouni (Tombeza, 1984).

Dans le même temps, la littérature de langue arabe – restée vivante même à l’époque coloniale avec Mohamed Bencheneb, Cheikh Ben Badis, Bachir Ibrahimi – progresse. Le genre romanesque surtout, essayé dans les années 1950 par Reda Houhou, se développe dans les années 1970 avec pour chefs de file Abdelhamid Benhedouga (Vent du sud, 1971) et Tahar Ouettar (l’As, 1974), dont les œuvres sont traduites dans plusieurs langues.

6 Réponses à “Littérature algérienne”

  1. Cherif dit :

    A propos de litterature algerienne. Il y a de quoi se régaler. Je viens de lire un recueil de nouvelles et deux romans, tous écrits par des auteurs algériens :

    Roman : Le malheur de Maria de Makhlouf BOUAICH :Une histoire poignante qui nous replonge dans le drame de ces deux dernières decennies. A lire absolument.

    Recueil de nouvelles « destin de femmes » de Makhlouf BOUAICH : deux histoires, deux drames.

    Roman : « Le sang de mars » de Tarik DJERROUD. Une histoire pathetique.A lire absolument.

    Je dis à messieurs BOUAICH et DJERROUD : merci et bravo
    Un coucou pour Monique Douillet (mot-doux) et Anne Stien (Anouchka) de http://www.nousvelles.com qui m’ont fait decouvrir des auteurs de « chez moi »

  2. Anouchka dit :

    Merci Cherif pour ce remerciement. C’est bien naturel de mentionner Tarik Djerroud pour le Sang de Mars. Moi-même, j’écris sur ce thème, un roman d’amour et de haine concernant un homme dont la vie sera entièrement bouleversée par ses cauchemars de guerre et d’amour. Mais je n’en suis qu’au début …
    Je regrette ta présence sur nousvelles.com. A bientôt, amitiés.

  3. Monique DOUILLET Modou dit :

    Merci Shériff pour l’envoi de ces pages très intéressantes, il y a un auteur contemporain que je voudrais citer car je l’aime beaucoup : Boualem Sansal. Bon travail en Algérie où j’espère pouvoir venir dans un an ou deux au plus tard, (à Béjaïa). Amitiés, Monique.

  4. mahieddine chebli dit :

    Hassan Chebli, poète du M.T.L.D.,membre de l’O.S.et de l’O.C.F.L.N. est le grand oublié de l’Histoire de la litttérature algérienne d’expression française.Un recueil de ses poèmes intitulé « pour une terre de soleil » a été publié par la défunte S.N.E.D.,en 1972, une année après sa mort. Mohamed-Salah Dembri, alors professeur à l’Université d’Alger, en avait rédigé la préface.
    cf. sur internet: mahieddine chebli ou; el-djazaïr-rusicade blogvie.com Hassan Chebli le poète militant, le citoyen poète. Mes salutations, le meilleures.

  5. tirache annick dit :

    grâce à ce « café littéraire », les autres sont moins loin, le monde plus riche d’hommes et de femmes magnifiques et la littérature algérienne à portée de lecture pour les mieux comprendre. Très bonne année à vous, Chérif.

  6. Tirache Cherif dit :

    Merci beaucoup à vous chère Madame TIRACHE. Bonne année à vous aussi et à l’ensemble des amis du Café littéraire de Béjaia.
    En effet, ce café littéraire qui se veut un espace de rencontre pour tous les passionnés de la littérature ne doit pas disparaître et ne disparaîtra jamais.

    Encore merci pour vos visites régulières à ce blog.

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