Poème pour un handicapé

Posté par coinlitteraire le 23 décembre 2010

C’est par hasard, au cours d’une visite d’un site, que j’ai trouvé ce joli poème que dédie une dame Francaise à un jeune handicapé. Sensible à son état physique, elle lui écrit ce poème qu’elle intitule « La rencontre ». J’ai aimé la sincérité avec laquelle elle a couché ses vers, puisés directement du coeur, sur la page blanche. Je l’ai copié et je me suis dit que cela plaira certainement à d’autres personnes qui visitent ce blog du Café Littéraire de Bgayet.

« La Rencontre »

Il est là, devant moi,
Dans sa chaise, il est assis.
J’aimerais lui parler,
Et pouvoir discuter.

Discuter de sa vie,
Lui qui est gai et qui sourit.
Comprendre sa lucidité,
Qui jamais ne disparaît.

Quand rien ne réussit,
Handicapée de la vie,
Parfois je le suis,
Mais voilà, c’est lui qui est assis.

Je me lève et m’accroupis,
A sa hauteur à présent je suis.
Humblement je l’interpelle,
Simplement pour des nouvelles.

Faisant écho de ses amis,
Il m’honore de son récit,
Patiemment il me décrit,
Le déroulement de sa vie.

Moi qui le croyais sans espoir,
Moi qui voyais sa vie en noir,
Il me redonne confiance,
Il éclaire mon ignorance.

Leçon de vie, liberté ravie,
Une question vient à l’esprit,
Qui est donc prisonnier ?
De lui à moi je ne sais.

Je perçois dans son langage,
Qu’il faut aussi garder la foi,
Pour surmonter tous les orages,
Sans laisser place au désarroi.

Redécouvrir son corps,
Après bien des efforts,
Accepter la différence,
Et bannir l’indifférence.

Sens oubliés, développés,
Pour une plus grande liberté.
Il faut lutter jour après jour,
Etre faible et fort, tour à tour.

Lui tendant la main, je lui dis,
Grand Homme je te remercie,
L’importance que tu donnes à la vie,
Rend importante ma propre vie !

Ce poème je l’ai écrit moi qui ne suis pas handicapée, cela me touche énormément et me révolte de voir l’argent dépensé à tout va par notre gouvernement, pour des futilités… Nous sommes à l’orée de 2011 et j’ai l’impression qu’Emile Zola n’est pas loin. Où sont les grands principes d’entraide de cette France que je ne reconnais plus ?!
Je vous souhaite du courage et de tout coeur suis avec vous.JR

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«Nous étions des centaines armés de mots, à battre les claviers pour que cesse l’ignoble»

Posté par coinlitteraire le 2 décembre 2010

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nous parle poésie

Arts du monde La cueillette des rimes

Une vague indécise qui éclot au son d’une âme en peine, aux sifflement des balles qui traversent l’espace, les sanglots d’une femme qui murmure sa peine, au crépuscule taché du sang des innocents, les luttes abandonnées à l’approche des intérêts qui font reculer les idéaux, aux souvenirs des sacrifiés qui ont porté le rêve à bout de bras mais la grâce naît aussi de l’espoir qui se réveille aux aurores, enivrant et porteur de lumière, laissant dans nos souvenirs des songes mais parfois des regrets.

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La poésie : une thérapie solitaire

Posté par coinlitteraire le 26 septembre 2010

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                Entretien réalisé par T. Djerroud

La Dépêche de Kabylie : Comment êtes-vous venu à la poésie ?
Muh Said Tighilt : Durant ma prime jeunesse, j’étais commerçant ambulant pendant une vingtaine d’années ; le contact permanent avec les gens me mit l’eau à la bouche avec les joutes diplomatiques de circonstance. J’aimais la façon dont les gens conversaient, peser les mots et donner un sens a chaque propos. Durant un séjour en France, j’ai eu un grave accident de travail, conclu par un coma d’un mois. De retour en vie, mes répliques en famille ou entre amis prenaient des tonalités poétiques. Ainsi, de fil en aiguille, ma femme m’a encouragé à composer davantage, recenser les meilleurs poèmes et les mettre à la disposition des auditeurs.  

Que représente la poésie pour vous ?

Accoucher d’un poème est un moment d’extase, entre évasion et absence pour toucher le fond de l’âme. C’est une recherche dans le silence, un monologue serein avec moi-même, franc et sans concessions. En somme, la poésie est pour moi une thérapie solitaire !

A quel moment de la journée aimez-vous rimer ?

C’est instantané ! Rimer est un besoin qui me happe à tout moment. De nuit comme de jour, elle me prend dans ses bras avec une douceur irrésistible et je ne peux m’enfuir qu’une fois que j’ai pu expulser de mon esprit toutes les idées et sensations qui m’habitent.

Le poète est-il utile dans notre société ?
Les poètes sont des catégories ; il y a ceux qui construisent et ceux qui détruisent ! A mon avis, un poète ressemble à un maçon dont l’œuvre reflète la profondeur de son être et la finesse de sa touche. Il est un orfèvre aussi utile qu’un bijoutier, aussi pertinent qu’un psychologue. D’ailleurs, en kabyle, on l’appelle Aheddad n w awal ! Bref, il est le témoin de son temps, son verbe nous renvoie à une culture, aux mœurs du peuple ; ses travers et ses espoirs.

Votre poésie transpire d’humanité et regorge de nostalgie. Quel est votre souhait ?

Je suis très heureux de l’accueil que les gens me témoignent sur scène et je dois ajouter que de nombreuses personnes me congratulent pour avoir ressuscité des mots, donner un sens aux choses de la vie, c’est encourageant. Et mon souhait absolu, c’est la création de la journée du poète pour qu’il retrouve une place de choix au milieu des siens.

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Nourredine Kebiche. Un jeune poète emergent

Posté par coinlitteraire le 19 janvier 2010

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«Taqbaylit-iw»,

premier recueil de Nourredine Kebiche

(Par hafit Zaouche). Taqbaylit-iw (mon kabyle) est le titre du premier recueil de poésie que vient de publier en langue amazighe Nourredine Kebiche.

Nourredine Kebiche est né en 1983 à Lota dans la commune de Souk El Tenine, wilaya de Béjaïa. Il est issu d’une famille modeste. Comme la majorité des familles en Kabylie. Leur modestie matérielle n’a pas cédé à la tentation des économies ; ces nombreuses familles montagnardes ont su garder et respecter «le Mot» Ce même «Mot» qui est le fondement d’une culture plusieurs fois séculaire. Une culture qui jaillit des coeurs vieux comme le temps. Sensible à la parole et qui titille ces mêmes coeurs et ces montagnes de Souk El Tenine qui l’ont vu naître et grandir, Nourredine n’a pu échapper à sa traditionnelle culture orale que la Kabylie véhicule depuis des lustres. Ce recueil (90 pages format moyen), comprend plusieurs poèmes. » Il s’agit d’un ensemble de poèmes dont la source d’inspiration reste une enfance riche en événements et qui expriment une multitude de sentiments assez vifs », nous a déclaré Nourredine Kebiche, ajoutant que ses poèmes « revêtent diverses dimensions et interprétations ». Et d’ajouter : « Mon expérience poétique, je l’ai entamée depuis mon jeune âge, maintenant est venu le temps de compiler le tout en un recueil pour pourvoir développer cette tendance et embrasser d’autres horizons ». «Tayri-nnegh» (notre amour), «imeghban » (les misérables), «Muqel» (regarde), «Tafsuyt» (printemps), «Uccen» (Chacal), «Awal» (mot) sont autant de poèmes qui récitent les différentes préoccupations de la jeunesse. Le recueil est préfacé par Nacer Medjdoub, enseignant de langue et culture amazighes, et qui estime quant à lui, que le poète reste  » moulu par le souci d’une cause qui traîne, ne parvenant pas à tenir debout et cette même cause qui n’est jamais terne, et ne sera jamais terne. Le poète ne cesse de se lancer sur des chemins en quête d’allègement ou de remèdes, ou pour porter espoir « , dit-il

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Vienne le soir… de Asirem

Posté par coinlitteraire le 6 octobre 2009

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Poème de Asirem

Vienne le soir …

Vienne le soir pour se retrouver
Même si nous ne nous étions pas séparés
Vienne le moment de se dire combien
L’un à l’autre a manqué

Vienne le soir

Vienne le soir qu’on se livre nos pensées
Où, assis autour d’un thé
Nous ne pouvons nous lasser
De refaire le monde
Nos esprits se croisent, s’enlacent et tracent
Le chemin vers l’horizon de notre destinée

Je connais si bien ce sourire
Que tu esquisses comme pour balayer
Le moindre obstacle au bonheur

Je connais si bien le mouvement de tes sourcils
Comme pour exprimer l’insignifiance de ces faits
Dans ce qu’est notre monde
Et …
J’aime autant ton silence
Quand tu me taquines, ignorant mes envies
Suivent tes éclats de rire, qui sont la lumière de ma vie
……
Vienne le soir
…….
Vienne le soir où les soucis quotidiens
Sont mis de coté
Ou partagés
Pour n’en faire qu’un passé
L’art de se confier sans être lourd
Celui d’écouter l’autre sans être sourd
A ses espoirs cachés

Vienne le soir …

………..

Vienne le soir du silence
Toi au salon ramant avec le philosophe de ton bouquin
Ou le bouquin de ton philosophe
Moi à mes pinceaux tentant d’oublier un peu
Les malheureux d’aujourd’hui
Et leur misère de demain

Et quand malgré moi mes larmes chutent,
Tu viens me prendre par la main
Et avec ta guitare tu me chantes

LA PAIX

Pour me protéger du chagrin
Dans des airs que seul toi connais
Puisque finalement, en homme,
C’est ta façon de pleurer
La peine que tu tais ….

Vienne le soir …

Un de nos soirs où … tout ira bien !

………………..

Vienne le soir romantique
Je rentre plutôt te préparer la surprise
Au menu, ce que je sais faire de meilleur
Ton plat favori

Mon cadeau bien emballé …
Je sais, sans aucune occasion !

En fait si,

Chacun de nos soirs ensemble en est une ..
Mais aujourd’hui c’est un peu spécial !

Un portrait que j’avais réalisé
La veille pendant que tu dormais ..
….

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« Anfiyi ». Un poème de Assirem (une jeune étudiante en médecine)

Posté par coinlitteraire le 10 juin 2009

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Anfiyi 

Ugigh kem, teggunidh iyi

Mi kem bghigh truhedh

Anef iyi tagwnitt agui

Ttxilem ad iyi tesfarhedh

Qlileh agh tenghidh iyi

R’zagedh akken tennumedh

D lebghim taluft agui

Mkoul ma ad tefru ad tughaledh

Wahdi wala yidem

Rewwelagh; kem tetafaredh

Ghas ma zwiregh kem

Seg wul iyi d tettatafedh

Tzewredh ur d am zmiregh

I wmennugh kkawen ifadden

Tes’hel temsalt i ghillegh

Wwigh d abrid ger madden

Nnan iyi sers imanim

Ur sligh wid ijarben

Mi hekkragh gher walnim

I ferhmagh ayen iyi d qqaren

Lahdurim akken qarrehen

Tamughlim tugar essem

D laxialim iyi jarhen

Idammen ur glin yissem

Awal nnan t id wid I kem yesnen

D elwahch im yefkan udem

Kem yides d atmaten

D netta m yegran issem !

Ad tezredh I kem ghoulfagh

Rrefqam d aghilif

D elqarh ghas nnumagh

Uliw yezga yettneguif

Ad tezredh I ugadagh

A3rurim yebub d elhif

Lamer d lebghiw ur qebbelagh

Uliw i lghit yettizif

Anef iyi wahdi

Imi d tawhidt nnumagh

Elwahch im idhur iyi

Qim yid iyi imi wahdi ara ad qimagh

Asirem 27 mai 2009

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Un poème à l’enfant qui ne rit pas (par Rachid Habbachi. 2005)

Posté par coinlitteraire le 10 juin 2009

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A l’enfant qui ne rit pas

Dans le sourire d’un enfant

On retrouve ce que Dieu a fait de mieux

Et pourtant,

Que faisons nous de sérieux

Pour que se perpétue

Cette risette

Où qu’elle fût,

Sous une tête blonde ou à frisettes.

Que faisons nous, dites,

Pour l’enfant qui ne rit pas

Dites-le nous et vite,

La jeunesse est éphémère, elle n’attend pas,

Elle demande des comptes,

C’est son droit, elle existe,

Elle veut des décisions promptes,

Elle s’impatiente, elle insiste

Et il nous appartient

De tout faire

Pour que son monde, qui est le tien, le mien,

Ne soit plus à refaire.

Le sourire d’un enfant est précieux,

C’est un trésor comme il n’en existe pas

Et si, ensemble nous faisons un peu mieux

Pour le faire rire aux éclats ?…

(Par Rachid Habbachi -Mai 2005)

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Aouadene Rénia (une Grande Dame de Boukhelifa) nous décrit Bgayet

Posté par coinlitteraire le 20 mars 2009

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Blog: http://aouadene.renia.over-blog.com/article-17290542.html

Bougie, Bejaia, Bgayet

Lorsque le Tariq ibn Zyad accoste au port de Bejaia,
le voyageur prie pour que la mer ne soit pas déchaînée
devant ces côtes accidentées.

Au loin, on aperçoit surplombant la ville, Ima Gouraya,
lieu saint, lieu de prières où tant de pèlerins ont imploré Dieu et son Saint.
Qui a quémandé la guérison de son enfant,
qui a supplié pour que sa fille soit mariée,
qui a mendié la nourriture pour les siens …

Bejaia la musulmane regorge de lieux saints.
A l’intérieur le mausolée de Sidi – Abdelkader
et sa fontaine censée purifier les âmes,
effacer les péchés, apporter la paix…
A l’extérieur, Sidi – Saïd où
les femmes se regroupent pour faire égorger
la chèvre ou le mouton afin de nourrir les hordes de misérables
venus des villages alentour qui accourent aux cris de
« C’est un jour d’Aumône, venez manger l’assiette de couscous ! »
Un pèlerinage de plus afin de demander à Dieu, protection …

Bougie et sa place Gueydon d’où le désespoir se jette.
Combien de jeunes filles, de jeunes garçons se sont envolés
devant l’absence d’issue, d’espoir, de projet.
Des rues soudain peuplées de fellahs,
paysans ayant abandonné à l’indépendance, en ces
jours glorieux, leurs gourbis, leurs terres, leurs villages…
Fellahs sans illusions, sans rêves
et sans passions.
Ils sont donc descendus pour remplir des baraques
et respirer l’odeur de ces hydrocarbures,
choix ô combien prioritaires d’une Algérie indépendante
au détriment d’une agriculture qui nourrissait
les français du temps de Madame la France !

Bougie devenue monstrueuse !
Constructions anarchiques,
toujours, toujours plus haut, encore, encore plus vaste !
Propriétaires spoliés, terres dérobées, maisons occupées,
Bougie se dresse inhumaine, sale mais encore fière.

Bgayet, la kabyle, peuplée d’enfants, bâtards, ingrats, naturels, légitimes,
debout, assis, couchés, recroquevillés
aux regards hagards, violents, haineux,
malheureux, impuissants mais si verts, si bleus, si noirs….
Berbères courageux,
de printemps en printemps qui sillonnent les rues
en criant leur slogan « Ulach Smah, Ulach Smah ! »
Aucun pardon, aucun pardon
pour un pouvoir criminel, assassin d’enfants kabyles.

Bgayet crie son attachement à sa culture,
rêve de ses ancêtres, éternels oubliés
au fin fond du livre d’histoire où jamais
n’a été écrit qu’elle était descendante du peuple Imazighen,
celui des hommes libres

Bgayet et ses poètes, ses chanteurs, ses écrivains,
ses sculpteurs inconnus qui pourtant ne demandent
qu’à déverser leur art dans les rues de la ville
pour bien montrer combien cette ville est si riche.

Bougie n’a plus de traces de ces enfants maltais,
de ces beaux italiens et sardes et siciliens, lascives andalouses…
Un jour ils sont partis, ils ont laissé Bougie.
Mais oui, ils l’ont pleurée ! je les ai rencontrés.
Ils ont toujours rêvé un jour d’y retourner.Bejaia, Bougie, Bgayet !
C’est surtout ces visages, ces silhouettes de femmes
trop longtemps effacées, égarées, écorchées.
On les a vu pourtant déferler dans les rues
pour demander justice quand l’enfant innocent
sous les balles est tombé.

Bgayet, c’est ma ville, non je n’y suis pas née,
moi fille de Marseille.
C’est l’âme de ma mère qui traverse ces rues,
que je viens retrouver, chaque fois un peu plus.
Alors, je l’imagine enfant, adolescente,
jouant dans ces ruelles en ces temps de la France.

Bgayet, Bejaia, Bougie !

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Poème mystique: le samâ « Mathnavi » deDjalal ud-din Rûmi

Posté par coinlitteraire le 14 mars 2009

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(Source: Samia Nasr. Maroc)

La principale vocation de Djalâl ud-Din Rûmi fut d’appeler les hommes à l’amour de Dieu, la mahabba, et de réchauffer leur ferveur, ses oeuvres, en particulier le « Mathnavi » qui compte 45 000 vers, font de lui l’un des plus grands poètes mystiques de tous les temps, et n’ont pas cessé d’inspirer la piété musulmane et de guider les âmes désireuses d’approfondir et d’intérioriser leur foi.

Rûmi est aussi le promoteur du concert spirituel – le « samâ » – et de cette dance sacrée qui caractérise l’ordre qu’il a fondé :  »plusieurs chemins mènent à Dieu, dira-t-il, j’ai celui de la dance et de la musique ».

Le Samâ de Djalâl ud-Din Rûmi

Le samâ est la paix pour l’âme des vivants,

Celui qui sait celà possède la paix de l’âme.

Celui qui désire qu’on l’éveille,

C’est celui qui dormait au sein du jardin.

Mais pour celui qui dort dans la prison,

Etre éveillé n’est pour lui que dommage.

Assiste au samâ là où se célèbre une noce,

Non pas lors d’un deuil, en un lieu de lamentation.

Celui qui ne connait pas sa propre essence,

Celui aux yeux de qui est cachée cette beauté pareille à la lune,

Une telle personne qu’a-t-elle à faire du samâ et du tambour de basque ?

Le samâ est fait pour l’union avec le Bien-Aimé

Ceux qui ont le visage tourné vers la Qibla,

Pour eux, c’est le samâ de ce monde et de l’autre.

Et plus encore ce cercle de danseurs dans le samâ

Qui tournent et ont au milieu d’eux leur propre Ka’ba.

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Chronique d’un terrien (par Maâmar FARAH)

Posté par coinlitteraire le 5 mars 2009

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Bejaia, peut-on ligoter le soleil ?

Pour déloger l’orage
Et congédier la haine
Que dis-tu d’une randonnée
Sur la crinière des nuages
Au-dessus de ma vallée
Sur la Côte de Saphir
Derrière les Babors
La perle s’étire
Dans son écrin azur
Le temps se souvient du temps
Où tu étais reine majestueuse
Béjaïa fille des étoiles

Mère courage
Le temps pleure en chantant
Au-dessus des rues discrètes
Et toi, ma sœur ô joli cœur
Tu fais de tendres pirouettes
Sur la glace en émoi
Applaudie par les badauds
Qui traînent sans passion
Comme un matin abasourdi
Lâché place Gueydon
Sur la foule des bateaux
Qui scrutent les balcons
Privés de leurs sourires
Les veines de la mémoire
Sont incorruptibles
Tu es l’Histoire
Tu es la mémoire inoxydable
La Soummam coule toujours
Comme le sang de la terre
Comme un torrent de passion
Naciria berceau de l’honneur
Dans ton silence cristallin
J’entends se cogner les armures
Et s’élever les cris des intrépides
Sauvée par Sidi Abdelkader
De tant de guerres et d’épreuves
Tu as résisté à la folie des humains
Et aux embuscades du temps
Dans le regard de Gouraya
J’ai vu l’étincelle unique
Qui fait tourner les jours
Dans le manège des saisons
Regarde la montagne
Elle raconte avec passion
Les chroniques de la ville
Ses gloires et ses déclins
Murmures de passion
Dans la mer et ses houles
Dans le ciel et son éclat
La montagne se couvre
D’un collier de lumières
Volées aux corniches
Qui errent vers Boulimate
Déchues de leur vent
La gueule ouverte sur l’océan
Paradis perdu, terre vide
Les amoureux reviendront
Miroirs têtus
Chambres désespérées
On croit entendre gémir
La roche amante
Quand halète le souvenir
Dans les lacis de la mémoire
Dans les vagues amères
Court une chimère
De bleu vêtue
Béjaïa, où est ta passion ?
Que fais-tu dans le noir
Ce n’est pas ta maison
Là-bas traîne l’histoire
Comme une indolence
Dans le creux des rades
Dans les vents des voiliers
Marine saline gamine
La montagne est jeune
Elle dit des mots du cœur
Qui errent et gambadent
Dans la cavalcade des jours
Et résonnent là-haut
Comme un tonnerre d’amour.
Dans tes rues endimanchées
J’ai vu courir une étoile
JSMB ! JSMB ! JSMB !
J’ai vu les couleurs de la victoire
Coiffées de rouge et de vert
De vert et de rouge
Sur le fronton de la montagne
Et la pommette des collines
Et même dans les cris
Des fans du MOB
Les frères ennemis
Oublient leur querelle
Quand c’est Gouraya qui le dit !
Derrière les barreaux
Peut-on ligoter le soleil
Et murer les héros ?
Vos convictions citoyennes
Sont du voyage
Par-dessus les monts
Pour atteindre les rivages
De nos espérances
Et voguer plus loin encore
A dos de vent et de promesses
Vers les terres de la Liberté.
Fiers Arouch, donnez-nous la main
Hissez-nous au-dessus de l’Adekar
Nous avons un poème à lire
Pour dire à Ifri
A la Soummam
Aux hommes debout
Que nous ne trahirons pas
Abane et Mekbel
Ben Boulaïd et Benhamouda
Belkaïd et Massinissa.
Madaure, 1er mars 2009

mekbel.jpgA la mémoire de mon frère Saïd Mekbel tué par la haine intégriste. La dernière fois que je l’avais vu, c’était dans les couloirs du Soir d’Algérie, un 1er novembre 1994. Il partait pour la réception donnée par le président Zeroual. Il était beau dans son costume noir. Ses dernières paroles : «Fais attention à toi !» Puis, sa silhouette s’estompa dans les brumes du souvenir. Gloire à tous les martyrs de la seconde et grande Révolution algérienne des années 90 !

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