A. Zakad dédie un poème à son ami Abdenour Bekka

Posté par coinlitteraire le 18 novembre 2015

Abdennour Bekka, l’ami

 

Quel meilleur texte qu’un poème pour graver dans les mémoires, mêmes amnésiques, un évènement comme celle de la perte d’un ami : Abdennour Bekka, un grand Homme.
Un de ses amis, Badr’ Eddine Mili a fait un panégyrique complet dans il est superflu d’y ajouter. Tout a été dit, car « Abdenour Bekka occupe, sur le podium de la nation reconnaissante, une place méritée».
Hélas, la douleur, les larmes passent, parce que la vie continue.
Et quel meilleur podium qu’un poème.
Aussi, peiné par la perte d’un ami, mon aîné, qui m’est cher, c’est par un poème que le poète manifeste sa douleur associée aux autres.

 A l’Ami Abdennour,

Ne nous restent-ils que des larmes                                                   Bekka Zakad-1
Pour pleurer les amis.
Qui disparaissent soudain
Au crépuscule d’une vie.

Ne nous restent-ils que les rumeurs du soir
Quand somnole la raison ?
Des oueds sans rivage, les mots sans pouvoir
Dans le silence, la pudeur et l’oraison?

Le chagrin qui s’éteint en un faible soupir
Avec tes simples gestes tu moissonnais dru : l’espoir
Sous les palmiers du sud, calmes et immobiles
Tu as beaucoup semé, récolté souvent la gloire.

Récolté : l’honneur et le parfum des blés
Le langage des mots et le langage des pierres
Nous te devons tous, un grain, une pensée
Et nous avons pleuré à fondre le calcaire

Les rumeurs berbères sous le ciel numide
Ont fixé ton nom qui devient plus beau
Dans le silence de ta tombe, non, aucune ride
Ne paraphe ton passé de gloire et de flambeau.

Ami, tu inspires le poète. Tu l’orientes.
Pour entrelacer de rimes les prés de tes idées
Qui ont su dire oui, et quelques fois non
Ta rigueur absolue et l’honneur de ton nom.

En dénouant les crépuscules,
Porte ouverte sur la nuit
Nous venions vers toi pour dissimuler,
Nos saisons de doute, de solitude et d’oubli

Nous avions puisé au fond de tes yeux,
La paix, le réconfort et ce qu’on l’on veut.
Souvent nous t’écoutions et sans dire je veux
Tu as su donner beaucoup et aussi le peu.

Cher ami, compagnon d’armes
Je viens vers toi pour te plaire et m’y coller
Que n’ai-je un pinceau pour peindre une larme
Sur ta tombe aussi, une rose et la rosée.

Abderrahmane Zakad – Novembre 2015 – Béjaia.

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