La vitalité et l’officialité pour sauver la langue

Posté par coinlitteraire le 1 avril 2014

La vitalité et l’officialité pour sauver la langue

Abderrezak Dourari, professeur des sciences du langage, pense que «l’audiovisuel est un espace pour la sauvegarde des langues». «C’est très important, notamment lorsque Tamaziɣt deviendra officiel. La présence dans la logosphère et la médiasphère est un moyen de visibilité et de réhabilitation de la langue», souligne-t-il.
Pour lui, «on ne peut pas sauver une langue quand elle est condamnée par sa fonctionnalité sociale». «Tant de choses disparaissent dans le monde naturellement sous l’effet de la globalisation», explique l’expert. Et de poursuivre : «Il y a deux éléments essentiels, dans le baromètre des langues de L.-Jean Calvet, pour qu’une langue puisse être sauvée. Il faut de la vitalité, un nombre conséquent de locuteurs et son usage dans divers domaines.»

Toutefois, le Pr Dourari précise qu’«on ne peut obliger une région à parler une langue que ses locuteurs considèrent comme peu fonctionnelle». Dans le même sillage, il estime que «si une communauté veut continuer à parler sa langue, l’Etat doit l’aider. Ce critère est déterminant, sinon la disparition est irréversible». En second lieu, souligne le spécialiste, «l’autre critère est l’officialité, car l’Etat ne pourra plus agresser la langue ou l’assassiner».

Selon le constat dressé par le Pr Dourari, «pour certaines variétés de Tamaziɣt, il est presque déjà trop tard. Mais pour d’autres, comme le Kabyle, le Chaoui, le Mozabite, leChenoui ou le Tamahaq, il est encore temps de faire le travail légal et de recherche».
Selon lui, «l’officialité empêchera le pouvoir central et ses démembrements d’agresser les langues, mais ne leur donnera aucune capacité supplémentaire de concurrencer des langues déjà puissantes et bien installées dans le marché linguistique et l’habitus».

Pour notre interlocuteur, «les administrations locales seront dans l’obligation de tenir des attitudes positives, proactives, comme transcrire ces langues dans l’Etat-Civil, dans l’affichage, la publicité, le discours au quotidien et dans la médiasphère». Ainsi, poursuit-il, «le fait que ces langues soient visibles leur redonnera force et vitalité. Cela redonne de la confiance aux locuteurs».
En outre, il considère qu’«il est normal que les partis politiques, les associations et la presse fassent l’effort nécessaire pour sauvegarder notre identité non essentialisée, ouverte sur l’universel et la modernité». «Quand on va vers l’autre, on y va en étant soi-même sûr de soi», observe encore le Pr Dourari.

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