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L’anthropologie et les sociétés «berbères» par Tassadit Yacine

Posté par coinlitteraire le 16 septembre 2013

L’anthropologie et les sociétés «berbères» par Tassadit Yacine tassadit_yacine-212x300(Par Arslan. B). « Grace à des études et autres recherches en anthropologie « berbère », l’on a fini par découvrir d’anciennes structures de la Méditerranée » Samedi 14 septembre 2013, dès 14h30, Tassadite Yacine ouvre  le cycle de conférences culturelles avec lequel l’association « Ballade littéraire » renoue après de longues vacances d’été.

La rencontre de la conférencière avec son public, assez nombreux et non moins fidèle, très attentif et passionné également chaque fois que « la Grande Dame », comme on aime à l’appeler, « se produit », a eu lieu dans l’une des salles du TRBejaia Malek Bouguermouh. 

Entre intenses convictions mais aussi certaine humilité et circonspection méthodique, Tassadite Yacine, à travers une dialectique d’exposition riche en références bibliographiques prestigieuses et autres éléments d’appréciation historiques, référents-repères forcément captivants, a décidément l’art de maintenir  régulière et ininterrompue l’intensité de l’intérêt du récepteur. Une rencontre, à vrai dire, sans thème précis mais qui donc n’en devine aisément la nature, surtout sachant qui est Tassadite Yacine ?! L’universitaire, bien de chez nous, est chercheur au Laboratoire d’anthropologie sociale de l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris (France).

« Elle est l’auteure d’une œuvre consistante sur les sociétés « berbères » (notamment traditionnelles) au double plan de la création et des rapports de genre, lit-on sur la quatrième de couverture de l’un de ses récents livres intitulé « Le retour de Jugurtha » ou « Amrouche dans la lutte, du racisme de la colonisation », livre qu’elle a d’ailleurs dédicacé à cette occasion. Tassadite  est l’auteure de « L’izli ou l’amour chanté en « kabyle » , 1988,  « Aït Menguellet chante », 1989, « Cherif Kheddam ou l’amour de l’art », 1994, « Esquisses algériennes de Pierre Bourdieu », « Journal (1928-1962) de Jean Amrouche », « Maillot, 1950 »…

L’universitaire, illustre et fort sympathique invitée du non moins agréable tandem Fatah Bouhmila  et Noureddine Saïdi( Animateurs de Ballade littéraire), est, par ailleurs, d’un apport appréciable à la revue  semestrielle  « AWAL » (Cahiers d’études berbères, Editions Passerelles) fondée par le défunt Mouloud Mammeri et ce depuis sa naissance .

Retour vers la quatrième de couverture de « Le retour de Jugurtha » : (Ce livre est) « une analyse de l’itinéraire complexe de Jean El Mouhoub Amrouche… Ce poète et homme de lettres demeure inconnu lorsqu’il s’agit de son engagement politique en faveur de l’indépendance de son pays. C’est à partir de  la Tunisie que le jeune « Kabyle » prend conscience de la domination coloniale et de ses effets sur la culture et la transmission des valeurs…Pour cela, Amrouche puise dans le passé nord africain son modèle de résistance, à l’instar de Jugurtha contre Rome… ».

Sachant que « l’anthropologie est l’étude différentielle des croyances et des institutions conçues comme fondement des structures sociales, et que dans l’anthropologie culturelle il est un secteur particulier, entre autres, appelé anthropologie économique, celle-ci analysant les formes spécifiques de la production et des échanges dans les sociétés (Définition de Larousse 1983) », « il était du plus grand intérêt du colonisateur de s’atteler à comprendre l’anthropologie économique des sociétés « kabyles » (« chaouies », « targuies » , « mozabites »…),

un souci, une préoccupation dictés par l’objectif de pénétrer le secret d’un fonctionnement efficient de l’admirable et inquiétant modèle socio-économique et culturel des sociétés autochtones d’Algérie pourtant sous domination ( !) », dira Tassadite, qui n’a pas non plus manqué de déplorer le fait que «  bien des habitudes collectives, alimentaires et autres, certains us et coutumes soient aujourd’hui perdues sous l’effet de la domination culturelle… » Inlassable battante et hautement téméraire universitaire cependant soucieuse de rigueur et de méthode, Tassadite Yacine demeure une passionnée de l’histoire de son pays, son berceau, l’Algérie, dont sa « Kabylie natale ». Saine et respectable passion…

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