La poésie : une thérapie solitaire

Posté par coinlitteraire le 26 septembre 2010

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                Entretien réalisé par T. Djerroud

La Dépêche de Kabylie : Comment êtes-vous venu à la poésie ?
Muh Said Tighilt : Durant ma prime jeunesse, j’étais commerçant ambulant pendant une vingtaine d’années ; le contact permanent avec les gens me mit l’eau à la bouche avec les joutes diplomatiques de circonstance. J’aimais la façon dont les gens conversaient, peser les mots et donner un sens a chaque propos. Durant un séjour en France, j’ai eu un grave accident de travail, conclu par un coma d’un mois. De retour en vie, mes répliques en famille ou entre amis prenaient des tonalités poétiques. Ainsi, de fil en aiguille, ma femme m’a encouragé à composer davantage, recenser les meilleurs poèmes et les mettre à la disposition des auditeurs.  

Que représente la poésie pour vous ?

Accoucher d’un poème est un moment d’extase, entre évasion et absence pour toucher le fond de l’âme. C’est une recherche dans le silence, un monologue serein avec moi-même, franc et sans concessions. En somme, la poésie est pour moi une thérapie solitaire !

A quel moment de la journée aimez-vous rimer ?

C’est instantané ! Rimer est un besoin qui me happe à tout moment. De nuit comme de jour, elle me prend dans ses bras avec une douceur irrésistible et je ne peux m’enfuir qu’une fois que j’ai pu expulser de mon esprit toutes les idées et sensations qui m’habitent.

Le poète est-il utile dans notre société ?
Les poètes sont des catégories ; il y a ceux qui construisent et ceux qui détruisent ! A mon avis, un poète ressemble à un maçon dont l’œuvre reflète la profondeur de son être et la finesse de sa touche. Il est un orfèvre aussi utile qu’un bijoutier, aussi pertinent qu’un psychologue. D’ailleurs, en kabyle, on l’appelle Aheddad n w awal ! Bref, il est le témoin de son temps, son verbe nous renvoie à une culture, aux mœurs du peuple ; ses travers et ses espoirs.

Votre poésie transpire d’humanité et regorge de nostalgie. Quel est votre souhait ?

Je suis très heureux de l’accueil que les gens me témoignent sur scène et je dois ajouter que de nombreuses personnes me congratulent pour avoir ressuscité des mots, donner un sens aux choses de la vie, c’est encourageant. Et mon souhait absolu, c’est la création de la journée du poète pour qu’il retrouve une place de choix au milieu des siens.

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