«Mes voyages en Algérie» de Guy de Maupassant édité

Posté par coinlitteraire le 5 août 2010

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de Guy de Maupassant édité 

(par Hafit Zaouche). maupassant.jpgLa maison d’éditions «Lumières Libres», sise à Bgayet, continue de nous étonner par son dynamise extraordinaire, en éditant, une autre fois de plus, un livre fort intéressant, intitulé «Mes voyages en Algérie», d’un grand écrivain qui n’est autre que Guy Maupassant. Né à Fécamp le 5 août 1850, mort à Paris le 6 juillet1893. Après des débuts laborieux, Guy de Maupassant a réussi à s’imposer comme l’un des écrivains majeurs du XIXe siècle, au même titre que ses camarades, Zola et Flaubert. Auteur de contes, de romans et de nouvelles, son écriture le situe dans le mouvement réaliste et naturaliste. Il est également connu pour avoir su introduire une dimension fantastique à plusieurs de ses récits. Guy de Maupassant naît le 5 août 1850, vraisemblablement à Fécamp, dans la Seine Maritime. Il passe une enfance heureuse à Etretat, au bord du littoral normand. En avril 1880 sort le recueil Les Soirées de Médan, manifeste du mouvement réaliste. Il est composé des récits suivants : « L’Attaque du moulin », par Émile Zola, « Boule de Suif », par Guy de Maupassant, «Sac au dos», par J.-K. Huysmans, «La Saignée», par Henry Céard, «L’Affaire du Grand 7», par Léon Hennique et «Après la bataille», par Paul Alexis. La nouvelle « Boule de Suif » est le premier succès de Maupassant. Elle lui permet d’abandonner sa carrière administrative pour se lancer dans le métier de journaliste et écrivain. L’Editeur (Lumières Libres) nous fait savoir sur sa présentation que le grand écrivain français, Guy de Maupassant, a beaucoup voyagé en Algérie.

 Il fuit Paris pour savourer le soleil de l’Afrique du Nord, sa «seconde patrie après la Normandie». A l’âge de 31 ans, l’auteur du fameux livre «Une Vie», découvre l’autre rive de la Méditerranée. De ces voyages mouvementés naissent des récits, des nouvelles et bien d’autres écrits. Et que Maupassant est l’un des premiers écrivains à inaugurer le métier de reporter, «envoyé spécial ». Le talentueux écrivain signait des reportages dans plusieurs périodiques, comme «Le Gaulois » et «Le Gil-Blas». Puis, ces papiers sont regroupés, en volumes, à partir de 1884. Le soleil, Maupassant pour échapper à cette obsession va se familiariser avec elle. Et ces espaces déserts, vides, brûlés, uniquement habités par le soleil, le fascinent car il y place cette sérénité qui lui fait tant défaut. Un soleil accablant que Maupassant aime et qu’il recherche. Le pays est écrasé par le soleil et il évolue, heureux, dans cette chaleur qui l’apaise. La chaleur agit sur lui comme un puissant massage. C’est un homme du nord, c’est un homme malade qui se gorge ainsi de soleil. Ses migraines disparaissent sous «l’implacable soleil.» Pourtant il s’agit bien d’une chaleur dévorante, féroce. Elle mange, cette chaleur, la chair des vallons. Le soleil est associé, chez Maupassant, au vautour, image mythique. «On n’y désire rien.» Et plus loin il ajoute «J’avais le coeur plein de la Bible et des Mille et une nuits» Et lui qui ne cache pas son indifférence à l’égard de la religion, il se sent comme sauvé par ce «ciel de missel» Ce qui frappe également Maupassant, c’est la lumière, si particulière de l’Algérie. Il nous dit comment elle se fragmente, se décompose, offrant aux peintres de nouvelles voies dans leur art. La variété des nuances chromatiques est soulignée dans la description des poussières d’or et de mauve qui rappellent le travail, en train de se faire, des impressionnistes. Renoir s’est rendu à deux reprises en Algérie, en 1881 et 1882. Il y a découvert le blanc et «une richesse de nature extraordinaire », il a su jouer avec l’ineffable lumière algérienne et sa palette, à partir de ces rencontres, va s’éclaircir. Pour Maupassant, il faut intégrer cet autre climat et cette autre lumière dans la panoplie de l’art moderne. Dans ses écrits littéraires et journalistiques, le pessimisme est un leitmotiv. En outre, le romantisme et le réalisme sont inconciliables, ce qui l’amène à inventer une esthétique particulière. Il essaie de nous montrer l’invisible du visible, le dedans du dehors, le vu et le dit. Malgré la publication de plusieurs récits de Maupassant en France et ailleurs, certains textes, d’une rare beauté, sont méconnus du grand public, c’est, entre autres, pour cette raison que nous envisageons d’éditer ce livre merveilleux. Tantôt, le journaliste décrit les paysages et rapporte des évènements. Tantôt, l’écrivain élabore des passages littéraires et poétiques exquis. «Oran est une vraie ville d’Europe, commerçante, plus espagnole que française, et sans grand intérêt. On rencontre par les rues de belles filles aux yeux noirs, à la peau d’ivoire, aux dents claires. Quand il fait beau, on aperçoit, parait-il, à l’horizon les côtes de l’Espagne… Dès qu’on a mis le pied sur cette terre africaine, un besoin singulier vous envahit, celui d’aller plus loin, au Sud». Maupassant parle aussi de la condition humaine et prévoit les révoltes du peuple opprimé. «La Kabylie est le plus beau pays d’Algérie… J’ai eu, en traversant la Kabylie, une preuve de la complète impuissance de notre action même dans les tribus qui vivent au milieu des Européens». En somme, «Mes voyages en Algérie» est un livre très intéressant, un témoignage émouvant rédigé dans un style attrayant.

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