Vallée de la Soummam

Posté par coinlitteraire le 20 juin 2010

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«Ces bibliothèques qui brûlent…»

«Chaque fois qu’un vieux ou une vieille meurt dans un village, c’est une bibliothèque qui brûle.» Cette mémorable sentence ou apophtegme revient à Mouloud Mammeri. Cet éminent écrivain, anthropologue et chercheur n’a pas dit cette sentence pour parler seulement.

(Par A.Y). Il savait ce qu’il disait. Car une vieille et un vieux ont toujours quelque chose à dire. Dans les villages kabyles, ces personnes âgées passent beaucoup plus leur temps à méditer, à discuter avec les personnes de leur âge et à attendre la mort, c’est un mot qui revient le plus souvent dans leur bouche. Comme les temps ont changé pour eux, ils ne peuvent plus s’adapter aux bouleversements qui touchent le pays. Eux, ils ont vécu une autre époque, différente de celle d’aujourd’hui.

Celle d’aujourd’hui ? Cela les fait soupirer. Dans les villages de la vallée de la Soummam, il ne se passe pas un jour sans qu’une vieille ou un vieux meure dans l’anonymat. Des faire-part placardés chaque jour, avec photo, annoncent le décès d’un vieux ou d’une vieille. Les gens ne savent pas qu’ils perdent ainsi des bibliothèques.

Ces personnes qui ont façonné les villages kabyles emportent avec elles des bribes de notre culture : des poèmes, des anecdotes, des témoignages, le savoir-faire, des contes, des traditions oubliées… bref tout un trésor culturel est enterré avec elles à jamais. Ces personnes ont vécu aussi la période coloniale.

Ce sont des témoins de cette époque cruciale de notre histoire. Chacune est une petite histoire dans l’histoire contemporaine de notre pays. Mouloud Mammeri en un amusnaw (savant) averti avait préconisé de prendre un stylo et une feuille et d’y écrire des poèmes, des anecdotes, des proverbes ou des contes que nos grands-parents nous dictent. Chaque poème ou proverbe écrit est un pan de notre culture qui est sauvé de l’oubli, car notre culture était exclusivement orale. Elle se transmettait de bouche à oreille.

3 Réponses à “Vallée de la Soummam”

  1. kuku dit :

    Da l’Mulud avait parfètement raizon

  2. M.A Moulaoui dit :

    si jeunesse savait et si vieillesse pouvait !
    Mouloud Mammeri a bien de qualifier un homme âgé ou une âgée de bibliothèque. Il faut suivre son conseil et merci de ma part à celui qui a fait l’article.C’est bien pensé que de collecter les savoirs des personnes âgées pour les coucher sur papier pour les transmettre aux jeunes.Nous sommes tous interpellés par cette mission culturelle que nous devons perenniser

  3. Cherif dit :

    La dernière activité de notre Café litteraire de Bejaia date du 29 mai.
    Logiquement les activités reprendront au plus tard avec Ramadhan …
    Ne pas oublier de jeter un coup d’oeil de temps en temps à notre blog afin de s’informer de la reprise.
    Bonnes vacances à tous les amis du Café litteraire de Bejaia.

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