LITTÉRATURE D’EXPRESSION AMAZIGHE

Posté par coinlitteraire le 5 juin 2010

Les cafés littéraires ou le discours de la méthode 

bookmain.jpg(Par R. Djari). Le salon du livre et du multimédia amazighs qui est en cette année à sa sixième édition a eu ceci d’éminemment supérieur qu’aux côtés de l’abondante production littéraire et de la galerie de portraits de poètes, de romanciers, de nouvellistes et d’essayistes qu’il nous a offert, et qui est tout aussi abondant, de se distinguer des précédentes éditions par la qualité essentielle de l’espace d’expression aménagée dans le programme de cette grande manifestation culturelle intitulé cafés littéraires. Chaque après-midi, l’habitude s’est instituée au sein de ce salon de donner la parole soit à un écrivain, soit à un éditeur, soit à des universitaires pour développer leurs idées autour de la création littéraire et artistique en langue amazighe et de la promotion de l’oeuvre littéraire ou artiste. Ces conférences donnaient lieu à des débats fructueux où l’assistance intervenait directement pour tenter de cerner ensemble la problématique de la création littéraire et artistique. Considérant l’avantage que représentait le fait que ces conférences-débats ont lieu sous une tente en plein air, Tahar Ould Amar, présent cet après-midi au double titre de journaliste chroniqueur et d’auteur jouait aimablement au traducteur pour nous dans un français qui faisait regretter qu’il n’écrive pas aussi dans cette langue chère au coeur de plus d’un d’entre nous. Mais les motifs auxquels obéit souvent un écrivain sont toujours respectables et ceux de notre confrère qui se prépare à publier un second livre rassemblant ses chroniques nous paraissent tout aussi respectueux.

 Etant dans ses confidences au point que nous pouvons aujourd’hui nous targuer d’avoir pratiquement assisté de bout en bout à la naissance de son premier roman qui d’emblée arrache le prix Apulée, nous savons quel combat mènent tous les écrivains amazighs afin de permettre à la langue dans laquelle ils écrivent de vivre et d’évoluer. Brahim Tazaghart, écrivain et éditeur, que nous rencontrions dès la deuxième édition de ce salon avant d’aller s’implanter à Oran pour finalement revenir à ces lieux d’origines où il fut lancé en 2OO2, lui qui rêvait à cette époque d’une oeuvre qui lui permettrait d’obtenir le prix Goncourt, et pour qui la langue amazigh n’est pas inférieure à une autre, ne pensait pas autrement. Par bien des aspects, cette bataille pour faire de cette langue un instrument de travail moderne, capable de se plier à toutes les formes et expressions artistiques et scientifiques s’apparente à celle menée par la pléiade de poètes et d’écrivains français en qui s’incarnait si bien la Renaissance. Le discours tenu par l’auteur de Bururu et par l’éditeur de Tira illustre parfaitement le rôle qu’eux, les pairs se sont donnés de jouer dans ce combat. Comme le manifeste de Du Bellay, au quinzième siècle, leur discours a pour objectif la défense et l’illustration de Tamazight. C’est en rapport avec cette profusion littéraire et des progrès techniques à l’origine d’un tel développement que se situe l’intervention de Brahim Tazaghat. Mais si l’auteur, devenu par la nécessité de la cause qu’il défend éditeur se félicite de cette abondante moisson, il reste encore beaucoup à faire : travail sur la langue afin de la rendre plus souple encore afin d’y couler les idées que l’on a ainsi que les sentiments que l’on ressent, travail en profondeur sur les idées elles-mêmes pour les amener à ce niveau de clarté et de noblesse qui font que les oeuvres auxquelles elles donnent naissance puissent être admirées pour leur beauté et leur valeur intrinsèque. Mais comment parvenir à ce niveau sans s’ouvrir au monde, seul moyen d’engranger de nouvelles connaissances et se conformer aux canons artistiques en honneur dans l’univers de la création ? Si le travail de perfectionnement sur l’écriture et sur la qualité d’impression pour se hisser au niveau de l’universalité constitue la clef de voûte du succès, il reste que la traduction reste la pierre angulaire de l’édifice, qui permet aux oeuvres artistiques de franchir les frontières et aux talents d’acquérir le statut international sans lequel leurs produits seraient condamnés à n’être que des sous produits. Les cafés littéraires ont donc la partie belle dans un monde littéraire en pleine mutation, où les oeuvres artistiques et littéraires ont besoin d’être soutenues et entretenues pour transcender les obstacles que l’espace et le tems se plaisent à dresser sur leur chemin. Dans une telle otique les cafés littéraires nous permettent un voyage à travers le temps et l’espace dans le sillage des oeuvres qui tentent de franchir le mur du silence qui les enveloppe.

Une Réponse à “LITTÉRATURE D’EXPRESSION AMAZIGHE”

  1. Massi dit :

    l’heure est a la production litteraire. Cessons avec les discours et les analyses interminables.Nous savons qui nous sommes, ,ous savons d’où nous venons et nous savons très bien où l’on va. Alors mettons nous au boulot et ça va marcher

Laisser un commentaire

 

Au fil des mots |
teresa |
Entre deux nuages |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lectures d'haabir
| Dans le Jardin des mots
| j'ai "meuh" la "lait"cture