Maissa Bey à Bgayet

Posté par coinlitteraire le 17 mai 2010

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Samedi 22 mai 2010 à 14 heures

Théâtre Régional de Bgayet

Le public est cordialement invité

  

Biographie de Maissa Bey

maissaecrivain.jpgDe son vrai nom Samia Benameur, Maïssa Bey est née en 1950 à Ksar-el-Boukhari, petit village au sud d’ Alger. Elle est professeur de français dans un lycée de l’Ouest algérien et mère de quatre enfants. « Au commencement était la mer… » est son premier roman. Elle a publié chez Grasset « Nouvelles d’Algérie » (1998) (tiré de « Cinq romans algériens » Marsa, France, 1998)

Elle a été « une enfant colonisée ». Son père , combattant du FLN, a été tué durant la guerre. Après des études au lycée Fromentin d’Alger, puis universitaires, Maïssa Bey est actuellement professeur de français dans son pays. Nourrie, imprégnée de culture française, elle écrit dans cette langue, dont elle déclare qu’ « il est bien plus réaliste de (la) considérer comme un acquis, un bien précieux, et peut-être même un « butin de guerre » ainsi que la définissait Kateb Yacine. »

Maïssa Bey est un pseudonyme ; « C’est ma mère qui a pensé à ce prénom qu’elle avait déjà voulu me donner à la naissance (…) Et l’une de nos grand-mères maternelles portait le nom de Bey.(…)C’est donc par des femmes que j’ai trouvé ma nouvelle identité, ce qui me permet aujourd’hui de dire, de raconter, de donner à voir sans être immédiatement reconnue. »

« Aujourd’hui, écrire , parler, dire simplement ce que nous vivons, n’est plus une condition nécessaire et suffisante pour être menacée. (…)Combien d’hommes, de femmes et d’enfants continuent d’être massacrés dans des conditions horribles, alors qu’ils se pensaient à l’abri, n’ayant jamais songé à déclarer publiquement leur rejet de l’intégrisme ? Il est certain qu’en écrivant, en rompant le silence, en essayant de braver la terreur érigée en système, je me place au premier rang dans la catégorie des personnes à éliminer. Pour moi, pour toute ma famille, j’essaie de préserver mon anonymat, du moins dans la ville où j’habite. » « A tous ceux qui me demandent pourquoi j’écris, je réponds tout d’abord qu’aujourd’hui je n’ai plus le choix., parce que l’écriture est mon ultime rempart, elle me sauve de la déraison et c’est en cela que je peux parler de l’écriture comme d’une nécessité vitale. » 

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(Par Marie Cailletet). Surgie en 1996, au creux de la décennie qui ensanglanta l’Algérie, avec Au commencement était la mer, la voix singulière et brûlante de Maïssa Bey ne s’est jamais tue depuis. Construisant, romans après nouvelles, une oeuvre traversée par les heurs et malheurs de son pays, peuplée de l’insoumission subversive de ses héroïnes, de leur rage impudente à ébrécher les interdits qui asphyxient la société. Juste pour respirer, ne pas sombrer, exister enfin. Aïda, la conteuse de son roman épistolaire Puisque mon coeur est mort, est de cette trempe. La presque cinquantaine, divorcée, elle partage son existence entre son fils Nadir et ses cours à la fac. « J’ai toujours fait miennes les règles en vigueur dans notre entourage. [...] Je tenais plus que tout à l’image que je voulais donner de moi. Il y allait de ma réputation, de mon honneur. [...] C’est qu’ils sont de plus en plus nombreux, les garde-chiourmes, en ces temps où les forces de la régression sont à l’oeuvre. »

L’assassinat de Nadir par un intégriste revenu du maquis et amnistié, en vertu de la loi de réconciliation nationale, fait imploser son univers, marqué du sceau de la peur du clan, du silence et de l’obéissance aux traditions. « Maintenant, je ne veux plus, je ne veux plus faire semblant. Pour quel enjeu ? Que m’importe l’opprobre, l’exclusion ? Je n’ai plus rien à perdre, puisque j’ai tout perdu. » Alors qu’on attendait ses prières, son acceptation de la volonté divine et de la pseudo-raison d’Etat, elle se met en quête du meurtrier de son fils.

Dialogue avec l’être disparu, le roman chemine entre évocation du passé, dévoilement d’intimités insoupçonnées et mise en mouvement de la vengeance. Solidement arrimé à la réalité algérienne, le texte, porté par une écriture grinçante et lucide, n’en finit pas de la transcender, instillant une réflexion sur le pardon, la haine, la sujétion, le ressentiment d’une jeunesse sacrifiée, l’instrumentalisation de la religion… Une fois de plus, chez Maïssa Bey, le deuil, la désolation se parent d’une vertu maïeutique. La violence accouche une femme nouvelle, qui s’autorise la subjectivité. Et le refus d’obtempérer.

6 Réponses à “Maissa Bey à Bgayet”

  1. Salim dit :

    c’est une vraie battante des temps modernes qui se rapprochent de madame Tamzaly, de Salima Tlemçani la journaliste.Ce sont nos Fadhma N’Soumer contemporaines.C’est juré u’on va venir nombreux pour l’écouter et la soutenir.Comme a dit Ali Yahia Abdenour: »l’Algérie est un grand avion qui s’apprête à décoller. L’avion a pour le moment une seule aile:les Hommes.Il lui faut une 2ème aile:la Femme ». Après plusrien n’arrêtera le vol cosmique de notre beau pays.C’est mon père qui m’a fait découvrir cette grande dame pleine de courage et de bravoure.
    La Kabylie ma3ak ya Maïssa !

  2. Salim dit :

    J’ai oublié de féléciter le café litteraire pour son programme et le joli site internet attirant pour ses couleur et sa présentation

  3. Rabah Naceri dit :

    Rien qu’en lisant les extraits qui traitent du combat que mène cette femme, cela incite à en savoir davantage sur cette combattante pacifique ayant pour seule arme sa plume qu’elle trempe dans la source de ses convictions profondes.
    Il faut impérativement aller l’écouter et lui manifester notre soutien pour qu’elle ne se sente plus seule dans ce combat contre les forces du mal et les adeptes de l’obscurantisme.

    Dernière publication sur Ensemble pour Bgayet : Urgence ! Bgayet a besoin d'un espace d'animations culturelles et sportives.

  4. Lady dit :

    Message de pdocdoc à Maïssa Bey

    Chère Maïssa Bey,
    J’ai découvert ‘Nouvelles d’Algérie’ grâce à un stage de lecture à voix haute. Depuis, je suis sous le charme de votre écriture. C’est magnifique et pourtant vous racontez des événements dramatiques. Merci beaucoup, continuez à réveiller nos consciences.

    Message de inverness à Maïssa Bey

    Bonjour Maïssa,

    je viens juste de terminer votre roman, « Bleu, blanc, vert », et j’ai énormément apprécié. Enormément de lucidité, de clarté, de franchise, et une écriture limpide.
    Je vous ai manqué de peu, car vous êtes passée à Angers, vendredi dernier.
    Je sens chez vous, d’abord et avant tout un humain qui aime les autres humains.
    Cordialement.

  5. Mamidou dit :

    elle est tjr séduisante.Eske je peu avoir son mail svp ?
    maitez le ici dans ce site svp, ta3djebni bezaf ya khaouti
    Rabi khlik ya Maissa lehnina

  6. salmi fatiha dit :

    oh que j`aime decouvrir des femmes arabes et encore plus algerienne, lettrees, intelligentes, ca me fait du bien moi qui vit en europe et qui voit l`integrisme et la regression de la condition de la femme devenir galopante. Maissa a un regard qui en dit long, d`honnettete , de verite et en fond un courage incroyable dans ses yeux. Hier une amie pied noire nee a tlemsen me la fait decouvrir, quelle revelation merveilleuse, merci a genevieve. Je reve de rencontrer un jour en algerie Maissa, que Dieu la garde dans sa main puissante

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