Hommage à Taos Amrouche au Centre Culturel Algérien (Paris)

Posté par coinlitteraire le 29 avril 2010

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«La grandeur de l’homme réside dans sa décision d’être plus fort que sa condition. » (Albert Camus). La vie et l’oeuvre de Taos Amrouche, auteur, cantatrice et journaliste longtemps ignorée par les institutions littéraires et culturelles algériennes, étaient à l’honneur au Centre culturel algérien de Paris où, pour la première fois, un grand hommage lui a été rendu.

 La personnalité de Taos Amrouche connue pour sa particularité, sa belle voix et ses romans, était dressée dans un documentaire réalisé par Sadia Barèche «Sur les traces de Taos Amrouche». Ce film qui inaugure l’hommage de Taos, retrace sa vie , sa carrière de chroniqueuse à la radio, d’abord à Tunis, dès 1942, puis à Alger en 1944, son mariage avec le peintre Bourdil, dont elle a eu une fille, Laurence, devenue comédienne. Plusieurs témoignages dont celui de l’amie et voisine de Taos à Saint Michel, l’artiste peintre Denise Barbaroux, qui avait réalisé plusieurs portraits de Taos, de Nacib Youcef, sociologue algérien, spécialiste de la littérature amazighe et docteur en lettres et sciences humaines à la Sorbonne et de Denise Brahimi, essayiste, critique et professeur à l’unversité Paris7, et qui a consacré un essai autour de l’oeuvre de Taos qu’elle avait intitulé «Taos Amrouche, romancière». En plus des témoignages, la caméra de la réalisatrice nous emmène dans l’ancienne maison de Taos à Saint Michel. Taos Amrouche descend d’une lignée de récitants de la tradition orale kabyle, les «clairchantans ». Elle est la fille de Fadhma Ath Mansour Amrouche, première romancière berbère de langue française et qui est l’auteur du roman autobiographique « Histoire de ma vie » et petite fille de Aïni Aïth Lâarbi. C’est à partir de 1945 que Taos a pris la décision de résider définitivement à Paris. Djohar Ghersi, universitaire et psychanalyste, a abordé dans le documentaire, l’autre facette de la poétesse, son rapport à la terre, au territoire, au pays d’origine. Taos Amrouche est morte le 2 Avril 1976. L’hommage s’est poursuivi avec le Vernissage d’une exposition d’oeuvres picturales de l’artiste Denise Barbaroux intitulée «Taos en Provence». La peintre qu’est aussi autoportriste avait réalisé plusieurs portraits de Taos, même quelques mois avant sa mort. L’artiste était présente au Centre Culturel Algérien : «j’ai toujours peint dans ma vie, mais avec Taos, c’était différent, comme on était « amies », on avait des conversations, au même temps, c’était très détendu et décontracté, elle me parlait pendant que je réalisais ses portraits, elle était sur son divan, , elle ne posait pas, c’était naturel. », nous a précisé l’artiste. Le dernier volet de l’hommage rendu à Taos Amrouche était une conférence répartie en trois dimensions et marquée par l’absence de Docteur Nacib Youcef, qui, suite à des inconvenances personnelles, n’a pu assiter. Les trois conférenciers, Denise Brahimi a attaqué les romans de Taos Amrouche, ainsi que les circonstance, la souffrance et le combat que menait Taos pour publier ses ouvrages, Djoher Ghersi, psychanalyste, s’est penché dans son intervention, sur la souffrance intérieure et les conflits de Taos ainsi que «la quête du lieu chez Taos Amrouche». Hervé Sanson, cet amoureux de la littérature algérienne plus large et éprouve un intêret particulier pour la culture berbère, ayant fait sa thèse sur l’oeuvre de Mohamed Dib. Il collabore et fait partie du comité de rédaction de la revue biannuelle «Awal», (fondée par Mouloud Mammeri et Tassadit Yacine). La revue a consacré son dernier numéro de janvier à Taos. Ce docteur a présenté une communication sur «Taos Amrouche, intitulée «le texte hanté ou la passion du texte». Sur son intérêt pour les Amrouche, Hervé Sanson déclare «que cette famille était tellement singulière, cette hybridité, ce conglomérat d’appartenance, avec un talent et une capacité à travers l’exil, les malheurs, la souffrance, a transposé son drame, ce qui fait qu’on s ‘attache très vite à cette famille et j’ai eu assez vite envie de travailler sur Jean et Taos Amrouche et me consacrer à l’étude de leurs oeuvres».(Par Nour el Houda Madani)

2 Réponses à “Hommage à Taos Amrouche au Centre Culturel Algérien (Paris)”

  1. Norredine dit :

    Je suis Bougiote mais je réside au Canada depuis 1992 et je ne suis jamais venu depuis cette date.Mais je m’informe régulièrement sur la situation du pays et de ma ville que j’aime plus que tout.Je voudrais juste savoir si la fameuse maison de culture ou d’inculture a été inaugurée du nom de la Diva kabyle,Taos Amrouche, ou non.Pourquoi ne creez-vous pas une asso pour revendiquer la baptisation au nom de Taos.
    Il faut agir et nous sommes prêts au Canada pour lancer une pétition de soutien.Faites-le juste savoir et nous prendrons le relais.
    Bravo pour ce que vous faites et je consulte souvent ce site de Monsieur Naceri que je féléicte parce que ça doit lui prendre beaucoup de temps pour l’actualiser.Bon courage.
    Norredine M.

  2. Izzane dit :

    elle gène notre Taos parce qu’elle est chrétienne, n’est-ce pas ? Savez-vous combien de juifs y a-t_il dans nos villes et qui vivent tjrs là-bas,qui sont introduits dans les circuits du pouvoir, de l’administration,de la justice,etc???
    Au fait,quelle est la ville d’Algérie la plus peuplée en chrétiens et celle la plus peuplée en juifs ?

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