Tazmalt. La culture livresque

Posté par coinlitteraire le 21 février 2010

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La culture livresque mise à mal au marché hebdomadaire 

(Par Nassim Nâali). Certains mercredi et jeudi, on trouve deux marchands de livres. Le premier s’établit à proximité de la RN 26. Il occupe sur le trottoir un espace lui permettant de faire étal d’une avalanche de livres. Il y en a de tout et pour tous les goûts : des livres de poche, des dictionnaires, des ouvrages de littérature variés. Les rares accros de la lecture ont la bonne surprise de trouver des oeuvres alléchantes de Victor Hugo, Jean de la Fontaine, Jules Vernes et bien des plumes renommées à l’échelle universelle. Les livres scolaires sont plutôt vendues à la commande en dehors du contexte de la rentrée scolaire. Ces libraires ambulants ne semblent pas disposés à mettre leurs fonds de lovelecture.jpgroulement dans des ouvrages qui ne se vendent qu’à une période de l’année. Il y a aussi d’anciens livres qui parfois refont surface. Il y en a dans différentes disciplines : grammaire, conjugaison, orthographe, histoire géo, philosophie, etc.… s’adressant à des niveaux primaire, moyen et secondaire.

 Devoir d’informer oblige, on ne peut pas taire que certains ouvrages parascolaires produits dans une situation de disette en matière de production livresque, ne sont pas faits comme les fameux guides Bordas de jadis destinés à aider les élèves pour mieux assimiler sans professeurs( en autodidactes). Beaucoup ne sont que l’aboutissement d’un piètre travail n’ayant pour seul objectif celui d’apporter un plus matériel aux concepteurs qui ne sont autres que des enseignants vivant d’un salaire minable. Enfin, ce n’est pas une raison pour généraliser le revers cinglant de certains éditeurs car il reste que certains ont réussi à produire des ouvrages intéressants notamment en relation avec l’approche didactique par compétence ou encore de pédagogie de projets : dernières techniques d’enseignement à faire recette du moins selon ce qu’on nous sert officiellement car l’école, remettons les pieds sur terre, continue à fonctionner de la manière la plus primaire et la plus archaïque qui soit. Un autre libraire pointe avec une certaine alternance avec son concurrent au niveau de l’allée faisant le prolongement de l’entrée principale du marché. Au milieu d’une faune de commerces de chaussures et autres objets de pacotille agglutinés ça et là, notre libraire semble, dans sa logique d’attirer quelques clients, comme engagé dans une bataille où il lui faut faire preuve de beaucoup de patience avec tout ce monde agité porté sur la chose matérielle et le confort plutôt que sur la culture livresque. Malgré un arsenal de livres scientifiques et de littérature algérienne ou universelle, ce monsieur devrait passer des moments à ruminer sa solitude avant de mettre le grappin sur un client. Pourtant, avec Kateb Yassine, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, Rachid Mimouni,Tahar Djaout, il est difficile de résister à la tentation d’acheter. Il y a aussi les alléchantes histoires policières du genre James Hadley Chase, Simenon etc… Hélas, le parent pauvre de la librairie itinérante reste l’indisponibilité ou la rareté d’un genre dont on parle pourtant sans cesse même à l’école : la bande dessinée supposée constituer de meilleurs contenus de lecture à déguster car l’illustration aidant facilement à la compréhension sans quoi l’objectif premier d’accéder au sens n’est jamais atteint. Les bandes dessinées ayant inondé durant les années 60 et 70 le marché et contribué à apprendre à lire et à écrire à des milliers d’apprenants du primaire se sont éclipsées à la faveur des meilleurs moments de l’arabisation dés 1976, on s’en souvient très bien. Au fil des années, les bandes dessinées ont presque entièrement disparu. Il y avait un florilège qui faisait le bonheur des lecteurs : Blek le roc, Zembla, le cavalier inconnu et bien d’autres tout aussi fascinants les uns que les autres. Et cette volonté politique d’en découdre avec la culture occidentale a fait le reste. En ce moment, on s’est essayé à produire ou à importer quelques bandes dessinées : elles sont excessivement chères et n’incitent presque personne à les acheter. Dommage pour ceux qui maîtrisent le mieux la langue de Molière et qui ne cessent d’affirmer qu’ils doivent beaucoup à l’apport des bandes dessinées. Les enfants d’aujourd’hui n’ont plus cette chance : ils doivent se contenter de tout apprendre à l’école avec les aléas des classes et des programmes surchargés et qui ne sont pas faits pour eux. Dommage pour ces générations aux prises d’ailleurs à de grandes difficultés en lecture autant en arabe qu’en français. En tout cas, la déperdition scolaire est là pour confirmer les revers des uns et des autres. On se contentera de louer disproportionnellement les moins enclins à la médiocrité dans un système scolaire qui ne peut plus éluder sa faillite.

5 Réponses à “Tazmalt. La culture livresque”

  1. Tirache Md Cherif dit :

    En plus des deux marchands de livres signalés plus haut par Mme N.N. il en existe d’autres à travers la ville de Béjaia. Il m’arrive d’en trouver un au niveau de la rue Treizel haute et d’un passage sous immeuble en face du stade du lycée polyvalent, à côté de la CNL.

    Je ne veux pas encourager le marché informel du livre, mais je trouve très sympa, de rencontrer sur son chemin-trottoir un jeune qui étale à même le trottoir des livres à la place des pacotilles chinoises ou du tabac. Je suis convaincu que mes amis libraires de Bejaia, tous conscients des bienfaits de la lecture, ne m’en voudront pas pour cela.

    Je rêve même d’un marché mensuel de la brocante où le livre aura la part du lion. Un ami m’a dit dernièrement qu’il existe des trésors cachés dans des réduits de nos maisons.
    Ce marché devrait être autorisé et réglementé par les services de l’APC de Bejaia en collaboration avec la maison de la Culture de Bejaia pour utiliser son esplanade ou encore par les representants de la Casbah de Bejaia.
    Cette manifestation que je classe personnellement dans le volet « culturel » servira à donner un plus à l’animation de notre ville qu’on n’arrête pas de dire millénaire, ce qui est vrai d’ailleurs mais qui ne le paraît plus devant cette desertification avancée.

    Réglementer pour interdire aux gens de la transformer en marché aux puces. Il suffit d’instaurer une autorisation municipale pour toute personne désirant exposer pour la vente ou simplement pour le plaisir d’exposer fièrement ses trésors cachés. Cette autorisation permettra de contrôler la liste des objets culturels eligibles à l’exposition-vente, tels les livres oubliés dans un réduit ou débarras des vieilles maisons, tableaux, bibelots, cadres, une lampe à petrole, anciens objets d’artisanat kabyle, bandes dessinées des années 60 et 70, vieux journaux, anciennes revues, photos souvenirs de vacances à partager, etc…
    Indirectement, ceci pourrait permettre à certaines personnes de gagner un peu d’argent.
    Une nouvelle culture s’enracinera sur le site choisi.
    Penser à faire payer seulements des droits d’exposition à titre symbolique ou juste de quoi payer deux personnes pour un nettoyage des lieux à la fin de la journée brocante.
    La periodicité : hebdo ça fait marché de légumes et trimerstrielle, ça fait languir : la moyenne, soit mensuelle.

    Cette idée loin d’être la bonne, pourrait servir de levain pour améliorer la proposition.
    Pour ce faire, il n’y a pas mieux que nos associations culturels existantes ou à initier spécialement par un groupe de jeunes : Asso Bejaia Brocante (A.B.B.) et je vous fais cadeau du sigle.

    Merci à mon ami M. et Mme ou Melle N.N. d’avoir donné du levain pour la fermentation.

  2. Tirache Md Cherif dit :

    Il me semble que Melle N.N. parle du marché de Tazmalt. Il n’emp^eche que c’est à la lecture de son papier que je réagis sur A.B.B.

  3. T Md Cherif dit :

    Pardonnez les coquilles.
    Un grand défaut : je ne relis pas mon texte avant de l’envoyer.Et ça donne cela :
    associations culturelles et non culturels.
    Mille excuses

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