Edition du journal de Jean El-Mouhoub Amrouche

Posté par coinlitteraire le 23 juillet 2009

Tassadit Yacine à cœur ouvert

 “Le journal de Jean El-Mouhoub Amrouche

sera bientôt édité en Algérie”

Entretien par Amastan S.

tassadityacine.jpgInvitée par le CRASC (Centre de recherche en athropologie sociale et culturel) d’Oran, Tassadit Yacine a participé au 2e Festival panafricain 2009  à Alger durant lequel un colloque a eu lieu à l’Hôtel El-Aurassi d’Alger les 19 et 20 juin 2009. Ce colloque était intitulé “Les femmes africaines à l’épreuve du développement” durant lequel, Tassadit Yacine a animé des conférences sous le thème “Femmes africaines à l’épreuve du développement culturel : L’exemple des femmes berbères”. Rencontrée à l’Hôtel El-Aurassi la veille de son départ pour la France, elle a eu l’amabilité de se confier à La Dépêche de Kabylie

La Dépêche de Kabylie : Vous avez répondu favorablement à l’invitation du CRASC d’Oran pour participer au 2e Festival panafricain d’Alger. Quel a été le thème que vous avez abordé durant le colloque qui a eu lieu les 19 et 20 juillet 2009 à l’Hôtel El-Aurassi ?

Tassadit Yacine : Effectivement. Cela peut paraître paradoxal que ce soit un organisme d’Oran qui m’invite à Alger mais bon… Le colloque organisé à l’Hôtel El-Aurassi était intitulé “Les femmes africaines à l’épreuve du développement” et mon intervention avait pour thème “Femmes africaines à l’épreuve du développement culturel : l’exemple des femmes berbères”.

J’ai bien parlé du “développement culturel” car quand on dit “sous-développement culturel”, c’est par racisme puisque les cultures sont universelles.

Concernant les femmes berbères, vous savez bien que, depuis très longtemps, elles ont contribué de façon très active, dans les régions rurales à la sauvegarde de notre culture.

Les exemples ne se comptent pas sur les bouts des doigts. Pour revenir au “sous-développement culturel”, c’est une notion qui a été largement discutée durant la période coloniale, plus précisemment durant les années 1950. En tout cas, ce n’était pas pour sortir les pays d’Afrique de la pauvreté mais, plutôt, pour renforcer et légitimer la colonisation.

Mon propos était de montrer qu’on a établi un lien entre économie et culture. Ceci pour dire que c’est, en fait, leur incapacité à maîtriser les outils culturels adéquats pour accéder à la maîtrise réelle de l’économie.

C’est à partir de là, que j’ai essayé de montrer la richesse culturelle amazighe d’après les auteurs “illettrés” que sont les femmes berbères.

Vous avez parlé de “racisme”. Pouvez-vous être plus précise ?

Je vous donnerai coomme exemple un autre terme que “sous-développement culturel”.

Il fut un temps où l’on nous appelait les “nordaf”. ça aussi c’était par racisme. Même au musée du Trocadéro à Paris, il y avait une partie pour l’Afrique noire et l’Afrique… “blanche”. Nous, nous sommes des Nord-Africains et je ne vous apprends rien en vous disant ceci.

Justement, en ce qui vous concerne, vous parlez toujours d’Afrique du Nord et non pas de Maghreb…

Le terme de “Maghreb” est une appelation très récente. De plus, c’est par rapport au “Machrek”. Alors, quand on parle de Maghreb musulman ou de Maghreb arabe, c’est une exculsion d’une bonne partie des Nord-Africains. D’ailleurs, lisez les ouvrages des Oulémas et vous verrez que, eux aussi utilisent les terme de “Chamal Ifrikia” (L’Afrique du Nord). Plus loin encore, même les Arabes, avant leur venue, parlaient d’Ifrikia (L’Afrique).

Venons maintenant à la revue Awal qui est d’une importance capitale. Pourquoi n’est-elle pas disponible en Algérie ?

Je vous assure que cela me dépasse et que je ne le sais pas. Toutefois, il est vrai qu’elle est très impportante et je souhaite vraiment en faire profiter mes compatriotes. Le numéro 38 vient de sortir et contient des études sur Feraoun, Mammeri et Belamri.

En parlant de Mouloud Feraoun, est-ce que les études contenues dans le numéro 38 de la revue Awal a pris en considération le roman inédit La cité des roses édité en 2007 ? Car, Mouloud Feraoun a toujours été taxé, à tort, d’assimilationniste et avec ce roman, il n’y a plus aucune raison de le dire.

Le prétendu assimilationnisme de Feraoun est contenu dans des thèses anciennes et tout le monde sait que Feraoun n’a jamais été assimilationniste. Mouloud Feraoun a grandi dans un village des montagnes de Kabylie. Donc, beaucoup de son savoir et de ses connaissances lui sont venues de l’école de l’époque coloniale. Mais, ce n’est pas pour autant qu’il a été influencé au point de devenir assimilationniste. Par contre, lui ainsi que toute l’élite de l’époque croyait sérieusement, avant de se rendre compte que ce n’était pas possible, en une égalité entre Français et Algériens. Au début, oui, il y croyait. Mais, avec les massacres de Sétif, Kherrata et Guelma… etc et, surtout, le statut de l’”Indigénat”, Feraoun et toute l’élite de l’époque ont fini par se rendre compte qu’il ne fallait plus compter sur cette “égalité”.

En parlant d’élite, vous avez édité en France le journal de Jean El-Mouhoub Amrouche. Sera-t-il édité également en Algérie ? D’ailleurs, beaucoup de vos œuvres sont disponibles depuis un cerain temps.

Oui. D’ailleurs, je suis très contente que mes ouvrages soient édités en Algérie, surtout que cet éditeur n’est pas un Kabyle. C’est quelqu’un du Sud et je l’en remercie énormément. Pour moi, le fait que quelqu’un du Sud s’intéresse aux écrivains kabyles veut dire que les Berbères communiquent entre-eux et çà, c’est très important. En ce qui concerne le journal de Jean El-Mouhoub Amrouche, il sera bientôt disponible en Algérie et sera édité par ce même éditeur dont je viens de vous parler. Mais, j’espère qu’il sera vendu à un prix accessible pour que tout le monde en profite.

Pour conclure ?

Je ne vous cacherai pas que je trouve que c’est très bien que La Dépêche de Kabylie s’intéresse à notre travail. Vous savez, quand vous avez parlé de la revue Awal, et bien sachez que les Kabyles, à l’étranger, sont vraiment très attachés à leur culture. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de travaux .

Entretien réalisé par : Amastan.S

4 Réponses à “Edition du journal de Jean El-Mouhoub Amrouche”

  1. malek dit :

    j’ai jamé antendu de cete famme.keskelle fé dont la vé ?

  2. DJELLOUL dit :

    dont la vé el fé du couscous

  3. DJELLOUL dit :

    Et dans la vie cette femme est une grande femme de lettre et antrpologue. Je suis sûr que vous n’avez effectivement jamais entendu parler d’elle. Elle est très discrète.

  4. DJELLOUL dit :

    Pardon, je voulais écrire « une grande femme de lettres et anthropologue »
    Mille excuses auprès des prof de français.

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